‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 559 sur 725 · E CHALONS · texte numérisé non relu

E CHALONS

d'après les journaux de Paris, que Mac- Mahon se portait au secours de Bazaine.

Le soir même, Moltke ût pivoter son armée dans un vaste mouvement de conversion, vers le Nord.

Sa marche fut aussi rapide qu'était lente celle de Mac-Mahon. Dès le 26, les cavaleries se heurtèrent.

Mézières ou Montmédy. — Mac-Mahon vit clairement que les deux armées allemandes (prince royal et prince de Saxe) cherchaient à le pousser sur la Belgique.

Il décida, en conséquence, de battre en retraite vers Mézières et commença le mouvement, qui eût été le salut (27 août).

Palikao lui télégraphia le soir même :

« Si vous abandonnez Bazaine, la révolution est dans Paris. » En effet, Blanqui avait déjà tenté un coup de force ; la Chambre siégeait en permanence dans une atmosphère de fièvre ; les batailles de Metz avaient été annoncées comme des victoires. Et encore, le lendemain : « Au nom du conseil des ministres et du conseil privé, je vous demande de porter secours à Bazaine, en profitant de trente heures d'avance que vous avez sur le prince loyal. »

« Tout général en chef, a dit Napoléon, qui se charge d'exécuter un plan qu'il trouve mauvais, est criminel. » Le malheureux Mac-Mahon s'inclina devant l'ordre et, rappelant ses troupes, déjà sur la route de Mézières, les dirigea vers Montmédy (29 août) par Mouzonoùilse proposait de passer la Meuse le jour suivant.

L'entonnoir de Sedan. — Maintenant le désastre était inévitable. Dés le 30, Failly 'fut surpris à Beaumont ; sans Lebrun, il était écrasé.

La Meuse passée, Mac-Mahon, le 31, se concentra, ne pouvant plus faire autrement, dans l'entonnoir deSedan. Déjà les Allemands l'environnaient sur le pourtour d'un vaste fer à cheval, maîtres des ponts de la Meuse et du Chiers et se hâtant pour boucher les issues vers Mézières à l'ouest et vers Carignan à l'est. Il avait à dos la forêt des Ardennes que traverse la frontière belge.

Sedan. — Le i^'' septembre, au début de la bataille, Mac-Mahon fut blessé.

Wimpfen, arrivé la veille de Paris pour remplacer Failly, sortit la lettre de service qu'il avait de Palikao et prit le commandement que Mac-Mahon avait passé à Ducrot.

Dès le matin, Ducrot avait dit à Mac-

LE QUATRE SEPTEMBRE. — iSjo.

Mahon, et il répéta à Wimpfen, que la bataille était perdue d'avance et qu'il n'y avait qu'une chance de sauver l'armée : chercher à rompre vers Mézières le cercle de fer et de feu qui semblait moins dense à l'ouest.

Mac-Mahon et Wimpfen s'obstinèrent.

Soldats et chefs de corps, la catastrophe dans les yeux, se battuent avec une énergie farouche : Lebrun à Bazeilles où, disputant aux Bavarois maison par maison, les paysans firent le coup de feu avec la troupe ; Ducrot et Douai au calvaire d'Illy, position dominante sur la boucle de la Meuse ; Galliffet, après la mort de Margueritte, aux pentes de Floing où il conduisit la charge de la cavalerie — « Tant que vous voudrez, mon général ! », avait-il dit à Ducrot — et arracha au roi Guillaume qui assistait au sublime sacrifice, le cri : « Oh ! les braves gens I .

Capitulation de Sedan. — Un peu avant midi, Wimpfen décida enfin de chercher une issue vers Carignan. II proposa à l'empereur de se mettre au milieu des troupes.

L'empereur répondit qu'il n'y avait plus qu'à entrer en pourparlers avec les Allemands. Il fit hisser le drapeau blanc à la citadelle. Les Allemands T aperçurent.

Wimpfen tenta un suprême effort.

L'épée à la main, il prit, avec Lebrun,

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