‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 566 sur 725 · S70. — CHAMPION Y ET LOI G N Y · texte numérisé non relu

S70. — CHAMPION Y ET LOI G N Y

D'Aurelles de Paladine, vieux soldat d'où il lança de furieux solide, mais sans génie, avait formé au assauts contre le parc camp de Salbris deux corps d'armée, de Villiers. Il fallut reenviron 60 000 hommes. Bien qu'averti noncer le troisième jour, d'une prochaine attaque, von der Tann après qu'une nuit glal'attendit dans la plaine de Coulmiers ; ciale eut cruellement il fut débordé sur ses ailes et perdit toutes éprouvé les troupes, et ses positions, enlevées par des troupes que revenir sous Paris (i^r au précédaient leurs généraux, comme au 3 décembre), temps de la Révolution. Nous rentrâmes D'Aurelles, engagé

à Orléans (9-10 novembre). en direction de Fon- chanzy

Champigny et Loigny. — Gamb^ta tainebleau, fut heureux (1S23-1S83), et Freycinet eussent voulu que d'Aurelles le premier jour et malheureux le sepoussât aussitôt en direction de Paris, cond. Le succès du corps de Chanzj- à D'Aurelles, doutant de sa propre victoire, Villepion fut enrayé le lendemain dehésita, insista poiu: se fortifier devant vant Loigny, pendant qu'à sa droite Orléans. Martin des Pallières pliait sous le nom-

C'était donner le temps à l'armée de bre et que, plus loin, Billot et Crouzat

étaient repoussés dans le sud de Pithiviers. D'Aurelles, battu ainsi en dé tail, évacua Orléans ; seul Chanzy resta sur la rive droite de la Loire.

Le gouver • nement révoqua d'Aurelles et se transporta à Bordeaux.

La retraite de Chanzy. — La journée de Trochu qu'il

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FAC-SIMILE D'UNE CARTE DE BOULANGERIE (bon de pain) PENDANT LE SIEGE DE PARIS

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Frédéric- Charles, libérée par la chute de Metz, d'accourir à grandes éta pes, non point en masse, mais par détachements échelonnés, marchant par plusieurs routes, de manière à opérer une concen tration plus rapide. •

Les opérations recommencèrent seulement le 24, sur l'insistance pressante Champigny convainquit de Gambetta, et seulement par la droite, ne sortirait pas de Paris et Moltke qu'il Frédéric-Charles, qui avait pris le com- n'y entrerait pas de force. La grande mandement, arrêta le général Crouzat ville se prépara aux souffrances de la faim devant Beaune-la-Rolande. et du froid ; le commandement allemand,

A Paris, Trochu, dès qu'il eut la nou- poussé par Bismarck, à la bombarder, velle du succès de Coulmiers, abandonna Gambetta ne désespéra pas de con-

son projet d'une sortie par la basse Seine duire à Paris les armées reconstituées, et décida de lancer par le Sud ses meil- Pendant que Bourbaki réorganisait

leures troupes, avec Ducrot et, s'il enle- la droite de la première armée de la Loire, vait les positions fortifiées de l'ennemi, qui allait devenir l'armée de l'Est, et que de marcher vers Montargis, où d'Aurelles Faidherbe forgeait l'armée du Nord avec lui donnerait la main. les débris des armées de Picardie et de

La double tentative échoua malgré le Normandie qui avaient perdu Amiens et bel élan des jeunes années. Rouen, Chanzy mena de Patay au Mans

La rupture du pont de Joinville, à la seconde armée de la Loire, manœuvrant cause d'une crue subite, retarda d'un jour et se battant, forçant l'admiration des le passage de la Marne. L'effet de surprise Allemands, et s'égalant, dans l'histoire était manqué. Malgré que les Allemands des retraites, à Turenne et à Moreau. < se fussent hâtés de concentrer leurs forces, Chanzy, officier d'Afrique, était jeune

Ducrot, qui avait juré de ne rentrer à encore, et, si vive et claire que fût son Paris que « mort ou victorieux », toucha intelligence, supérieur surtout par le à la victoire. Il s'empara de Champigny, caractère qu'il avait calmeetindomptable.

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SAl .\T-QU1:NTI\ et le MANS. — jà'7/. i

Mac-Mahon, de Fourru-aux-Bois où il était resté prisonnier après sa blessure, Davait signalé à Gainbetta.

Les journées sans doute les plus glorieuses de la défense nationale, ce furent celles du 6 au ii décembre où, son centre à Josnes, sa gauche reliée à la

attaquèrent, furent arrêtés et ils n'occupèrent qu'à la nuit la redoute de Montretout abandonnée.

Ti'ochu, sans quitter la présidence du

gouvernement, fut remplacé par Vinoj'.

Saint-Quentin et Le Mans. — Les

deniièrcs tentatives des armées en pro

forêt de Marchenoir, et sa droite appuyée vince vers Paris ne furent pas plus heuà la Loire, Chanzy arrêta, à Beaugency, reuses.

quelques-unes des plus belles troupes l'aidherbe, non moins tenace que prussiennes et bavaroises. Chanzy, et qui apportait dans l'action Les mobiles avaient souvent fléchi l'esprit méthodique du savant, après dans les combats devant Orléans; les avoir fonné son armée sous les forteresses régiments s'étaient débandés sous le feu du Nord, la conduisit en rase campagne, trop violent ; l'ennemi avait fait trop de Deux beaux succès^ à Pont-Noyeîles et prisonniers. La résistance opiniâtre de à Bapaume, la mirent en confiance, la deuxième . Moltke envoya toute la première ar niée prussienne qui l'écrasa sous le nombre, à Saint -Quen tin, le même jour que Buzenval.

Chanzyessaya de - se porter du Mans dans la direction de Chartres; Frédéric -Charles le prévint, décembre pour durer, sans inter- Jaurès, Jauréguiberry et Gougeard, ruption, jusqu'au dernier jour du siège, tous trois officiers de marine, se Les forts d'Issy, de Vanves et de la maintinrent pen'ciant la première journée Briche furent bouleversés ; il fallut éva- sur leurs positions ; une panique, sur

armée de la Loire montra ce qu'eût pu faire la première armée sous un chef qui n'aurait pas douté d'elle ni de lui.

Bombardement de Paris.

— Le bombardement de Paris, par 240 canons à longue portée, commença le

Limite extrême de l'invasion allemande en 1871

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BelFart

I. .. .. I Tem't'^f cédés à l'Allemagne par le traité de Francfort .

LIMITE EXTREME DE L'INV.iSlON -ALLEMANDE EN 1871

cuer le plateau d'Avron ; la rive gauche fut criblée d'obus.

La poptilation, déjà durement éprouvée par les privations et par l'hiver, vivant de pain de riz et d'orge et de viande de cheval, grelottant dans la neige

venue dans la nuit, à l'extrémité du champ de bataille, mit le désordre dans le reste de l'aurmée. Chanzy, des larmes de rage dans les yeux, se retira derrière la Mayenne.

L'armée' de l'Est. — Enfin, la ma-

Garibaldi

et sous le vent, tint bon, mais s'irrita nœuvre de l'Est, renouvelée de la ma

toujours davantage contre Trochu. nœuvre de Napoléon à Saint-Dizier

Exalté naguère à l'excès, Trochu était échoua également après avoir éveillé dé

tombé à une impopularité d'autant plus grandes espérajiccs. profonde. 11 avait renoncé à rompre le Cambriels, Creiner

cercle allemauid, mais discourait beaucoup, avaient tenu tête jus-

déclarait toujours que « le gouverneur de qu'alors à l'armée de

Paris ae capitulerait pas ». Werder, mais cédant

Comme les journaux et les clubs toujours plus de terrain,

réclamaient une sortie « torrentielle », Ils perdirent la Côte-

il se laissa persuader de tenter un dernier d'Or après les Vosges,

effort en direction de Versailles. Bourbaki devait essayer

Buzenval. — Engagée à contre-cœur, de débloquer Belfort,

avec 80 000 hommes, dont moitié de prendre les \'osges à

gardes nationaux, la bataille de Buzenval revers et couper les M

(iQ janvier) était perdue d'avance. Cepen- communications des Al-

dant les .Allemands, quand us contre- lemands. reau 11823-1878)

iS-i. — CHUTE DE PARIS.

Vainqueur d'abord à Villersexel, il par\'int trop tard devant les lignes de la Lisaine que les Allemands avaient eu le loisir de fortifier. Repoussé devant Héricourt, il se trouva pris entre Werder et Manteuffel accouru du Nord, et sans autre issue que la route de Pontarlier, le long de la frontière suisse. Dans son désespoir, il tenta de se tuer, ne ût que se blesser.

Deux officiers échappés de Metz, Clinchant et Billot, continuèrent à travers la neige, par d'affreux chemins, une retraite aussi cruelle que celle de Moscou.

Capitulation de Paris. — L'extraordinaire effort des armées improvisées de la défense contre les armées d'élite de l'Allemagne avait échoué et Paris était à la veille de manquer même de son affreux pain noir. Il n'y avait plus pour Paris qu'à mourir de faim ou à traiter.

Favre se rendit à Versailles ; Bismarck siffla l'hallali (23 janvier 1871).

Il y avait cinq jours que, dans la galerie des Glaces, pour l'anniversaire du couronnement du premier roi de Prusse, les princes confédérés avaient offert au roi Guillaume la couronne impériale et l'avaient proclamé empereur allemand {18 janvier). L'unité allemande, cimentée dans la guerre de France, était faite par la Prusse et pour elle.

Bismarck, à son ordinaire, fut impitoyable et fourbe. Tirant profit de l'ignorance où était Favre de la situation militaire en province, il mêla si bien l'armistice pour toute la France et la capitulation de Paris que la suspension des hostilités, exécutoire pour la capitale le 28 janvier, ne le fut que le 31 pour le reste du pays ; que Belfort et l'armée de Clinchant en furent exclus ; et que la délimitation des zones neutres assura aux Allemands de grands avantages depuis la Somme et le Calvados jusqu'au Morvan.

Paris sera ravitaillé, n'ayant plus de pain que pour cinq jours, mais livrera tous ses forts et tout son matériel de guerre, désarmera toutes les troupes, moins une division de 12 000 hommes pour le maintien de l'ordre et les gardes nationaux, et payera une contribution de 200 millions. Les élections pour l'Assemblée nationale seront fixées au 8 février ; l'Alsace et la Lorraine pour-

ront nomm.er des députés ; l'Assemblée se réunira le 12 à Bordeaux.

Le 20 janvier, à minuit, Paris entendit les derniers coups de canon ; puis tout tomba dans un silence qu'il ne connaissait plus.

Démission de Gambetta. — Quand le Gouvernement, prévoyant la fin prochaine, avait averti Gambetta, il avait déclaré en même temps que Paris, dompté par la famine, ne traiterait pas pour la France : « La lutte continuera derrière la Loire, derrière la Garonne, comme si Paris n'existait pas. » Mais Bismarck n'avait pas voulu traiter seulement pour Paris.

Favre télégraphia seulement à Gambetta, en trois lignes, la conclusion de l'armistice; Gambetta n'en connut les stipulations que par une dépêche de Bismarck.

On a vu que le chancelier allemand s'était gardé de détromper Favre qui croyait encore au succès de l'armée de l'Est. Tombant au piège, Favre avait accepté de l'exclure de l'armistice ; mais Clinchant ne fut pas instruit de la clause, pensa que l'armistice était pour toutes les armées sans exception et s'arrêta.

Au contraire, Manteuffel, dûment averti, continua sa marche. Cerné de toutes parts, Clinchant n'eut pas d'autre ressource que dépasser en Suisse avec ce qui restait de son armée.

Gambetta s'indigna, pourtant convoqua les électeurs, puis rendit un décret qui excluait du nombre des éligibles les anciens dignitaires et candidats officiels de l'Empire. Bismarck protesta; une proclamation de Gambetta dénonça cette immixtion de l'étranger dans les affaires intérieures de la France.

Il s'ensuivit un conflit entre Gambetta et quatre délégués du gouvernement de Paris, dont Jules Simon, qui s'étaient rendus à Bordeaux ; des patriotes exaltés voulurent lui décerner la dictature. Il donna sa démission.

C'est un général allemand, von der Goltz, qui a dit de Gambetta : « L'histoire lui reconnaîtra deux mérites immortels : il a rendu à la France, immédiatement après une chute profonde, le sentiment de sa force ; en ramenant violemment ses compatriotes vers un but idéal, il a frayé à une restauration morale un large chemin. »

LA PAIX DE VERSAILLES Assemblée nationale. — L'Assemblée majorité à Bordeaux, parce qu'ilss'étaienl ^ fut élue avec le mandat de faire la déclarés hautement contre la continuation paix I.fs monarchistes arrivèrent en de la guerre. La République incarnait la

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