‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 57 sur 725 · I. RcsKiN. UihXe d'Amiens · texte numérisé non relu

I. RcsKiN. UihXe d'Amiens

nr SCrLI'TLREa ko m a. \ h et gothique. — A//« ET XI 11^ s.

palais royal, aujourd'hui le Palais de Justice.

Ce peuple innombrable d'artistes ne travailla pas seulement à la construction de lieux saints.

On reconnaî t la simple beauté du roman dans les châteaux forts du x"^ siècle. Les charmants hôtels de ville des Flandres, l>eaucoup de demeures seigneuriales relèvent du gothique.

L'arc hitecture militaire (Carcassonne, Avignon, Aigues-Mortes) CATHÉDRALE Semble avoir subi

DE STRASBOURG desinfluenccs

Œuvre d'Erwin ne Steinbach - . , ,

qui sinsptra de régiise Saint- Orientales; Ja

l'rl)ain à Tro>-es, de Notre- tOUr Cvliudrique

Dame de Paris et de la caihé- gg substitue, SUr-

drale de .Sainc-Dems. ^ , ,,,.,.

tout dans le Midi, au type du donjon sur plan carré.

L'invention des mâchicoulis est de la fin du XIII* siècle.

Le succès de l'art gothique fut prodigieux. Anglais, Allemands, Suisses, Italiens, Scandinaves, Espagnols, copièrent à l'envi nos cathédrales (Canterbury, Salisbun,-, Westminster, Lausanne, Strasbourg, Bamberg, Cologne, Mil^n, Léon, Burgos). Les Croisades transportèrent le style français en Syrie et à Chypre.

Sculpture romane et sculpture gothique.

— La décoration sculpturale des églises romanes est due presque tout entière aux moines ; celle des églises gothiques à des corporations de tailleurs de pierre et d'imagiers laïques. Les cathédrales de leurs villes affranchies, c'était comme une première affirmation éclatante de la nationalité, qui se confondait alors avec la religion.

Les sculpteurs romans s'inspirent à l'ordinaire de modèles byzantins ; ils, copient, en les agrandissant, des ivoires et des pièces d'orfèvrerie (portail de Moissac vers iioo) ou, encore, des miniatures et d'anciennes fresques (peintures sur parois) ; ils ne regardent pas dans la nature. Leurs œuvres sont hiératiques ; les personnages sont généralement raides et lourds; d'un dessin médiocre.

Pourtant la convention ne parvient

pas toujours h étouffer ce qu'il y a de communicatif dans tout sentiment sincère ; ce sculpteur malhabile est profondément religieux ; quelque chose de son âme naïve et pieuse se dégage de ses bas-reliefs archaïques ei de ses rigides statues de pierre.

Les sculpteurs laïques des églises et des cathédrales gothiques sont, de tous les statuaires, sans en e.vcepter les Italiens de la Renaissance et les Grecs, ceux qui ont le plus aimé la vie et la nature.

Ils ne cherchent pas leurs modèles dans le passé, sauf, peut-être, quelques sculpteurs de Reims qui ont connu des statues antiques et se sont inspirés d'elles pour l'agencement des draperies. Ils les prennent autour d'eux, réalistes au sens le plus élevé du mot, artistes parfaits qui ont déxx>uvert qu'il n'y a pas de plus belles lignes et de plus belles formes que les vraies. Leurs saints, leurs saintes, leurs rois, leurs évoques sont des corps véritables, des statues vivantes.

La même vie fluide coule dans leurs reproductions de la flore, non pas d'une flore imaginaire, mais de celle de leur pays, de Champagne ou d'Ile-de-France.

Feuillages, plantes, fleurs, gerbes, fruits, pampres, toute une végétation frémissante et mêlée d'oiseaux et d'animaux indigènes se déploie à profusion autour des chapiteaux, sur les encadrements des bas-reliefs et des statues, à la place des froids entrelacs.

On a voulu que flore et faune des cathédrales soient svmboliques. L'art des cathédrales serait la traduction en pierre du " répertoire commandé par saint Louis à un moine béné dictin : le Mirroir de la Nature.

On appliquera plutôt au.x imagiers la définition admirable de Léonard ; « Le grand amour naquit de la grande con naissance des sAi.\TF,-cnAFELr.p. de paris

choses ». P.Atie par Saint Louis pour recevoir

LaSrulptU- '^' "'"">""« d'épines envoyée à Sens

^ '^ . . par oauuouin rie Coiirteiiay, eiiipe-

re du Xin'' Sie- reur de Consiantinople

XII<=-XIII^ s. — VERRIÈRES, MUSIQUE ET PÈLERINAGES 38

cle est libre, sereine, heureuse, éprise de grâce et de tendresse (VAuge au sourire de Reims, le Saint Théodore de Chartres, le beau Dieu d'Amiens). Au contraire de la romane, elle n'est plus hiératique ; elle n'oppose pas la religion du Christ à la religion de la beauté ; elle est la sœur de l'art grec.

Les noms de quelques-uns des architectes des cathédrales sont connus : Jean d'Orbay, Robert de Coucy. Les divins sculpteurs sont restés anonymes. Des générations d'ouvriers ont travaillé à ces constructions héroïques et splendides comme au salut de leur âme.

Les verrières. — L'architecture gothique a multiplié les vides. Il a donc fallu appuyer les cathédrales à de vigoureux contreforts plaqués contre les parois extérieures ; pour embellir les clôtures en verres des larges baies qui ont succédé aux meurtrières, aux fenêtres basses en plein cintre du style roman, il a fallu créer l'art du vitrail.

Les Romains ont connu le verre à vitres ; les verrières peintes datent du x"^ siècle. Dans l'architecture romane, les murailles sont fréquemment garnies de mosaïque ; avec l'architecture gothique, la mosaïque devient lumineuse, c'est-àdire vitrail.

Au xii" siècle, le moine Théophile, dans son traité des arts, décrit le procédé des maîtres verriers.

Les plus merveilleuses verrières sont celles du xiii<' siècle (Sainte-Chapelle et Notre-Dame de Paris, Chartres, Reims, Amiens) ; l'art moderne a été incapable de retrouver les ondulations de verre du moyen âge où joue le soleil pour en faire d'éblouissantes pierreiries. Les verrières représentent des scènes de l'Ancien et du Nouveau Testament et des portraits de saints, de rois, de seigneurs et de donateurs (à Chartres, les tonneliers, drapiers et pelletiers de la ville).

Ainsi parées, les cathédrales sont prêtes pour des services magnifiques.

La musique. — Le plain-chant, monument précieux de la ferveur religieuse des premiers âges, avait acquis, dès la fin du vi« siècle, sa forme définitive.

Cet art admirable, tenu longtemps pour barbare, a été compris à nouveau de nos jours. « Musique, prélude à la gloire céleste' », avait dit un grand

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