Grégoire de Nazia.nee
saint. Le plain chant est, par excellence, la musique, d'église.
Aux xiif^ et xni<= siècles, un art populaire et libre commence à s'en dégager ; il est enseigné dans des écoles religieuses et dans des écoles profanes. On voit apparaître les premières corporations de ménétriers ou faiseurs d'instruments.
Les pèlerinages. — Les cathédrales devinrent vite des lieux fameux de pèlerinage, sans détrôner de plus anciens et de moins riches.
La fréquencedes pèlerinages,!' affiuence énorme qui s'y presse, des foules, parfois de 300 000 à 400 000 hommes, femmes et enfants, qui marchent pendant des jours et des semaines sur les routes pour aller prier aux lieux consacrés, devant les reliques et les saintes images, les implorations et gémissements dans ces extraordinaires assemblées, il n'y a rien qui dise plus haut la misère et la foi du moyen âge.
Ni l'éternel souffre-douleur qu'est le paysan, ni l'artisan des villes qui, lui du moins, mange d'ordinaire à sa faim, n'espèrent le bonheur sur la terre ; ils ne l'attendent que du Paradis, c'est-à-dire de la mort.
Pourtant, ils demandent à Dieu et aux saints, à la Vierge de douleurs et de miséricorde qui intercédera auprès de son fils, de les libérer des plus cruelles tribulations d'un monde « qui n'est plurqu'un abîme de méchanceté ». Hors « la paix du roi », il n'y a point de sécurité pour les personnes ni pour les biens ; guerre et brigandage sévissent à l'état chronique ; des famines durent quatre ans ; la peste paraît un châtiment d'en haut, « feu sacré, feu infernal ».
Mais la foi est un roc. Rien ne l'effleure, ni l'injustice de la nature, ni l'injustice des hommes, des mauvais seigneurs ou des mauvais évêques, « loups et renards, fils de l'avarice vendus au diable »^.
Sous la crainte et dans l'épreuve, la prière ne montera que plus fervente à « l'agneau de Dieu, qui porte les péchés du monde ».
Et voici venir « notre bienheureux frère François » : « Car Dieu a choisi les plus malheureux et misérables et faibles du monde afin de confondre les nobles et grands et forts, et afin de montrer que toute élévation vient du Créateur et non de la créature. »
2. Sermons de Pierre de Blois, d'Adam de Perseigne, de Geoffroy de Troyes (La visse, t.V).
IhlLll'l'E DE l A LOIS ET ÉDOUAKD III. — i.î-'V