‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 570 sur 725 · GO · texte numérisé non relu

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se succédèrent au ministère de la Guerre. Impuissants à établir la discipline, bientôt suspects d'aspirer à la dictature, ils furent décrétés d'accusation par ordre du « Comité de salut public » et envoj-és à Mazas.

Après la chute du fort d'Issy, Delescluze, vétéran de 1830 et de 1848, déporté sous l'Empire à l'île du Diable, fut nommé délégué civil à la guerre.

La Commune eut, à ses débuts, l'illusion de la victoire possible ; quand l'armée de Versailles, ayant poussé ses travaux d'approche, commença à bombarder en règle les remparts et leurs portes, elle se prépara à sombrer dans ime farouche horreur.

Le renversement de la colonne Vendôme ne fut qu'un divertissement sacrilège, la démolition de la maison de Thiers qu'une basse vengeance. Le second Comité de salut public et le procureur de la Commune, Raoul Rigault, organisèrent « scientifiquement » le dernier acte de la tragédie : la guerre des rues et l'incendie de Paris et de ses monuments.

Les journées de mai. — Mac-Mahon, qui ne faisait rien sans Thiers, fixa l'assaut final au 23 mai ; le 21, un piqueur du serv-ice municipal, Ducatel, signala que les fédérés avaient abandonné la porte de Saint-Cloud. Les troupes entrèrent aussitôt dans Paris.

Peut-être avancèrent-elles trop lentement ; le Comité de salut public et ses généraux, Eudes, Bergeret, Dombrowski, Wrobleski, La Cecilia, eurent le temps de mettre leur plan à exécution.

Pendant sept jours, de la place de la Concorde au cimetière du Père-Lachaise et aux Buttes-Chaumont, quelques miUiers de fédérés (moins de 20 000) défendirent, de quartier en quartier, avec la fureur du désespoir, cinq cents barricades et des pâtés de maison transformées en places fortes.

Les incendies éclatèrent dans la soirée du 23. Les Tuileries, le Palais- Royal, le glorieux Hôtel de ViUe, les palais de la Légion d'honneur, du Conseil d'Etat et de la Cour des Comptes, le palais de Justice, la Préfecture de police, avec ses archives de la Révolution, les magasins généraux, des centaines de maisons dans les rues de Rivoli, de la Paix, de LiUe, du Bac, enduits de pétrole ou minés, furent livrés aux flammes et réduits en cendres.

Le Louvre, avec ses trésors, Xotre- Dame, la Sainte-Chapelle, le Panthéon, la Bibliothèque nationale, le Luxembourg, furent sauvés par miracle.

En même temps, Raoul Rigault et Ferré massacraient les otages : l'archevêque de Paris Darboy, l'abbé Deguerrj-, le journaliste républicain Chaudey, le magistrat Bonjean, les dominicains d'Arcueil, des Jésuites, des prêtres, des agents de police, le banquier Jecker.

La Commune, du premier jour, s'était dispersée. Un seul de ses membres, Delescluze, se fit tuer devant une barricade ; Vermorel mourut de ses blessures ; trois autres, dont Raoul Rigault, furent fusillés ; Pyat, Gambon, Vallès, ^lalon, tous les autres se sauvèrent par la fuite.

La troupe, exaspérée par la lutte, sous un soleil de plomb, au milieu de la fumée des incendies, tua sans pitié ; des cours martiales, installées dans les casernes, condamnèrent et, aussitôt, exécutèrent des prisonniers par centaines.

Plus de dix mille condamnations furent prononcées ensuite par le conseil de guerre ; les déportés, dont Rochefort, furent envoyés à la Nouvelle-Calédonie ; Rossel fut fiisiUé.

La semaine tragique finit à la reddition du fort de Vincennes. Le 29 mai, le drapeau rouge était partout abattu et le drapeau tricolore flottait sur la ville reconquise et en ruines.

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