LE RÈGNE DES VALOIS
La loi sallQue. || P•^lli^pé de Valois et Edouard Ml || La guerre de Cent ans. || Charles le Sage. Il La grande pitié du royaume
de France.
T E xiv^ siècle est, pour la France, «l'ère ^ nationeile ». Non seulement le noyau du royaume est constitué, mais le peuple s'affirme, avec ses institutions fondamentales, les communes, le Parlement', les Etats énéraux.
Qu'il fût ou non conforme aux lois de ia féodalité, le gouvernement d'une dynastie étrangère, même de très récente origine française, était devenu impossible.
Aussi bien la question de l'hérédité au trône de France fut-elle tranchée avant l'extinction de la race directe des Capétiens. Le fils aîné de Philippe le Bel, Louis X, avait eu une fille (la princesse Jeanne) d'un premier lit et laissait sa femme enceinte (1316). C'était la première fois qu'un Capétien mourait sans héritier mâle. Son frère Philippe (le Long), comte de Poitiers, s'empara de la régence. La reine accoucha d'un fils qui fut Jean I^' et mourut. Le régent Philippe se fit couronner aussitôt à Reims.
La loi salique. — Il n'est pas établi que Philippe ait allégué contre la princesse Jeanne la vieille loi franke qui excluait les femmes de la terre salique, tant qu'il restait des parents mâles. Le titre 69 de la loi des Francs Saliens ne fut invoqué par les légistes qu'à la fin du xiv*^ siècle. C'était une loi privée, nullement une loi fondamentale du royaume.
L'acte prompt et hardi de Philippe parut une usurpation à quelque^ seigneurs. La vieille duchesse de Bourgogne, .Agnès, fille de saint Louis, protesta au nom de la fille de Louis X. Philippe se fit couvrir par les Etats (composés de nobles, de prélats, de docteurs de l'Université et de bourgeois de Paris).
Comme il ne laissa en mourant que des filles, son frère Charles de la Marche s'autorisa de son précédent et prit la couronne, sous le nom de Charles IV, et, cette fois, sans rencontrer de difficultés.