‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 583 sur 725 · E ORGANISÉE · texte numérisé non relu

E ORGANISÉE

soutenues par le nouveau ministre de l'Instruction publique, Jules Ferry. Elles ont gardé son nom.

Les lois Ferry. — Après Gambetta l'homme de beaucoup le plus considérable de la génération républicaine qui avait succédé à celle de 1848, Ferry avait été comme lui député au Corps législatif et membre du Goii vernement de la Défense où il eut le poste le plus ingrat : la mairie de Paris pendant le siège.

Une certaine âpreté de pensée et de langage, qu'il semblait tenir de son pays natal des Vosges, éloignait de lui la popularité ; mais il ne la recherchait pas, avait de ses devoirs civils une conception à*la romaine et, quand il avïtit arrêté ses idées, les défendait avec une énergie irréductible.

Comme l'Eglise avait toujours prétendu à diriger l'éducation de l'enfance et de la jeunesse et comme les lois nouvelles allaient la diminuer au profit de l'Etat et de la société civile, Ferry supporta le poids le plus lourd de la guerre anticléricale que Gambetta avait déclarée à la veille du 16 mai.

Gratuité, obligation, laïcité. — La grande œuvre de l'enseignement primaire, commencée sous la monarchie de Juillet par Guizot et continuée sous l'Empire par Victor Duruy, avait déjà rencontré à ses débuts l'hostilité du clergé. Les lois de Ferry s'inspiraient du plan dont Condorcet avait saisi la Convention.

On peut résumer comme suit le grand débat dont elles furent l'objet.

« L'école gratuite sera ruineuse pour l'Etat et les communes. » — «Où ferait-on, réplique F'erry, l'apprentissage de T égalité si ce n'est à l'école? Veut-on y établir une distinction injurieuse entre les riches et les pauvres? » — << L'obligation sera une tyrannie. » — <• Votre princi ^e, demande Ferry, serait-il qu'il vaut mieux ne pas lire des livres qui ne sont pas conformes à une doctrine? » — « L'éc«le neutralisée, l'enseignement religieux étant réservé aux familles, ce sera l'école sans Dieu, l'école contre Dieu. » — « Charger l'instituteur d'enseigner les devoirs envers Dieu, à côté du prêtre qui a la rnôme mission, n'est-ce pas, demande Ferry, instituer l'un en face de l'autre deux pro-

i8-g-ib&i. — LES LOIS FERRY.

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