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L'EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS

opposition qu'il rencontra, quand elle ne mol, Delebecque et Logerot mirent les

fut pas dictée par des motifs de politique intérieure, procéda des mêmes imprévoyances qui entravèrent Colbert et perdirent Dupleix.

Développement de l'Algérie. — L'Algérie, conquise sous la monarchie de Juillet, militairement organisée sous le second

tribus en déroute ; le traité du Bardo (ou de Kasar Saïd), préparé par le consul général Roustan, établit le protectorat français sur la Régence.

Gambetta écrivit à Ferry : « Il faut bien que les esprits chagrins en prennent leur parti, un peu partout — même au

Empire, soumise au régime civil par un dedans — la France reprend son rang de décret du Gouvernement de la Défense grande puissance. »

nationale, avait été progressivement mise A l'automne, le général Saussier rc-

en valeur par un effort magnifique, sans prima, presque sans coup férir, une iuqu'il fût exempt d'erreurs. En moins surrection qui avait éclaté à la suite du d'un demi-siècle, un demi-million de rappel prématuré d'une partie impor- Français avait fait de l'ancien Etat bar- tante des troupes ; il occupa la ville baresque un prolongement africain de la sainte de Kairouan, Gafsa et Gabès, et France, sa population indigène avait doublé et ses richesses presque centuplé. Enclavée entre le Maroc et la Tunisie, la France dut nécessairement chercher à étendre son influence à l'ouest comme à l'est. Ne fût-ce que pour assurer la tranquillité aux frontières et empêcher ces

pacifia, en deux mois, toute la Régence. A la Chambre, il fallut l'intervention de Gambetta pour faire ratifier le traité du Bardo. L'extrême gauche, crédule à ses propres diffamations, avait déposé une demande d'enquête contre Ferry qu'on appelait «le Tunisien», comme

EXPÉDITION DU TONKIW

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on allait l'appeler « le Tonkinois », et autrement que Scipion avait été surnommé «l'Africain» ou Claudius «le Germanique» (novembre i88r).

Le cardinal Lavigerie, archevêque de Carthage, mit au serxnce du protectorat son génie de constructeur et ses « Pères blancs ».

L» France en Indo-Chine. — La conquête du Tonkin hit, pareillement, la conséquence de nos établissements antérieurs dans la péninsule indo-chinoise.

A la suite de l'occupation de la Cochincliine, le lieutenant de vaisseau Francis Gamier et le commerçant Jean Dupuis cherchèrent des routes vers la riche province du Vunnan par les vallées du Mékong et du Fleuve Rouge. Cette dernière route ayant été reconnue comme la meilleure, Gamier s'établit, en 1871, dans le delta du Tonkin. Après la mort de ce beau conquistador, tué dans une embuscade, le delta fut rendu à l'empereur d'Annam qui s'engagea à nous ouvrir la navigation du fleuve.

Les engagements du traité de Saigon ne furent pas tenus, et, en conséqtience, le delta du Tonkin fut occupé à nouveau. L'empereur d'Annam appela au secours les Paillions Noirs, grandes compagnies de pirates et de mercenaires qui vivaient sur les populations paisibles du sud de la Chine. Ils envahirent le Tonkin et mirent le siège devant Hanoï. Le commandant Rivière fut tué dans une sortie (mai 1883).

Expédition du Tonkin. — Ferry n'hésita pas davantage devant les Pavillons Noirs que devant les Kroumirs. L'amiral Courbet eut vite fait de forcer l'entrée de la rivière de Hué et d'imposer à l'empereur d'Annam l'abandon du Tonkin (août 1883).

La guerre contre la Chine dura deux ans.

L'entreprise, tout le temps battue en brèche à la Chambre et au Sénat, ne fut pas conduite avec les forces qu'il eût fallu. Au lieu d'une expédition importante, on envoya successivement des « petits paquets ».

On apprit aussi trop tard à se méfier des subtilités de l'insaisissable diplomatie chinoise.

Après la prise de Son-Tay et de Bac- Xinh, la Chine s'était engagée, par le traité de Tien-Tsin, à évacuer le Tonkin ; •lie n'en donna pas l'ordre à ses troupes. L'attaque traîtresse, au défilé de Bac-Lé, d'une petite colonne qui allait occuper Lang-Son, fît rebondir la guerre.

L'amiral Courbet avant franchi les

AMIKAL COURBET

fBM. Nat.,Est.)

passes de la rivière Min, bombardé Foutchéou et détruit la flotte chinoise, les négociations reprirent, mais, de la part de la Chine, avec l'arrière - pensée , dirait lord Granville, que « des incidents parlementaires ou autres »

mettraient fin à l'entreprise et que « la France s'en lasserait ».

L'affaire de Lang-Son. — Entre temps, l'amiral Courbet débarqua à Formose, l'interdiction du transport du riz menaça la Chine de famine, la résistance du commandant Dominé à Tuyen-Quan, l'un des plus beaux faits d'armes des guerres coloniales, arrêta une invasion de Pavillons Noirs. Le général de Négrier, ayant occui>é Lang-Son et enlevé Dong- Dong, aborda les provinces méridionales de l'Empire (février 1885). Le gouvernement de Pékin se décida alors à demander la paix et, cette fois, « avec le désir sincère d; traiter ».

Les pourparlers, conduits en secret par l'intermédiaire de sir Robert Hart, directeur des douanes, étaient à la veille d'aboutir quand Négrier se heurta au nord de Lang-Son à une armée chinoise et fut grièvement blessé au début de la rencontre. Le colonel Herbinger, ayant pris le commandement, perdit la tête et ordonna la retraite dans le même temps que les Chinois, se croyant battus, se retiraient en toute hâte.

« L'échec n'était rien '. » Le général en chef, Brière de l'Isle, manqua, lui aussi, de sang-froid ; il télégraphia qu'il espérait « pouvoir défendre tout le delta ». (28 mars.)

Chute de Ferry. — Ferry eût pu dissimuler la dépêche pendant quelques jours ; il eût évité que l'affolement se répercutât à Paris. Avec sa probité coutumière, il saisit la Chambre d'une demande de crédit-! de 200 millions.

Feinte ou non, la pire « panique » de Lang-Son eut pour théâtre le Palais Bourbon

« Tout débat est fini entre nous, dit Clemenceau à Ferry, nous ne voulons pas vous coimaître ; ce ne sont plus des ministres que j'ai devant moi, ce'sont des accusés de haute trahison sur lesquels la main de la loi ne tardera pas à s'abattre. » Ribot ne fut guère moins sévère : « Vous ne pouvez à cette heure que vous retirer ;

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