‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 589 sur 725 · I. Lyautey, Lettres du Tonkin · texte numérisé non relu

I. Lyautey, Lettres du Tonkin

iSgs- — EXPÉDITION DE MADAGASCAR.

vous le devez à la République à qui vous venez d'infliger la première humiliation. »

Ferry eût pu répondre par le récit des négociations engagées, mais « il eût risqué de nuire à la chose publique • ». Il fut renversé, par 306 voix contre 149 (30 mars).

Paix avec la Chine. — Le lendemain (31 mars), Ferry reçut un télégramme de Hart annonçant que le gouvernement cliinois, quoique informé de l'évacuation de Lang-Son, acceptait les propositions françaises. H fit aussitôt ratifier par le président de la République la convention qui nous reconnaissait la possession du Tonkin et le protectorat de l'Annam, mais se tut encore de son succès, avec une abnégation « admirable ^ ».

Freycinet qui lui succéda {7 avril) comme ministre des Affaires étrangères, dans un cabinet présidé par Brisson, n'eut plus qu'à porter aux Chambres l'instrument diplomatique, signé à Pékin le 6 avril.

Mais si aveugles étaient les passions que l'évacuation du Tonkin et de l'Annam ne fut repoussée, quelques mois après, (sur une demande de crédits) qu'à une voix de majorité. Un seul membre de la droite eut le sentiment de la politique coloniale : l'évêque Freppel, d'ailleurs alsacien.

Madagascar. — La conquête de Madagascar, où le premier établissement français (Fort-Dauphin) date de Richelieu, fut également amorcée par Ferry (1883- 1885). L'amiral Miot se préparait à frapper un grand coup à Tananarive quand la panique parlementaire de Lang-Son découragea pour quelque temps les entreprises coloniales. Il se contenta de signer un accord qui, sans prononcer le nom, institua une sorte de protectorat.

La constante déloyauté des Hovas, oppresseurs depuis le xiii<' siècle du fond paisible de la population indigène, fit reprendre l'expédition dix ans plus tard (1895). Le général Duchêne monta à Tananarive où il établit un régime de protectorat ; l'année suivante, à la suite d'une insurrection des Hovas, vite réprimée par le général Gallieni, l'île fut ■déclarée colonie française.

Gallieni abolit l'esclavage, ouvrit des écoles, construisit des milliers de kilomètres de routes et de voies ferrées, créa le grand port de Diégo-Suarez. L'île se transforma sous son gouvernement, comme avait fait le Sénégal sous celui

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