Freycinet
SAVORGNAN IiE BR.-VZZA
(iS52- 903).
de Faidherbe et le Ton kin sous celui de Paul Bert, comme fera le Maroc sous celui de Lyautey. La conquête française fut partout l'organisation en marche.
Soudan et Afrique orientale. — On retrouve encore Ferry à l'origine des entreprises qui s'ébauchèrent .entre 1882 et 1885, au Sénégal pour duvrir au commerce la vallée du Xiger et relier à travers le Sahara notre Afrique méditerranéenne à nos anciennes possessions africaines sur l'Atlantique.
Pendant près d'un quart de siècle, explorateurs et chefs militaires se lancèrent à la découverte et à la conquête de l'immense étendue, pleine de mystères et d'espérances.
L'esprit d'aventures de la race l'emporta alors sur cette sorte de crainte, fi.lle de la défaite, qui avait mis la France en défiance d'elle-même aux premiers temps de l'œuvre coloniale de la troisième République. La nation s'était crue faible ; de nouveau, elle se sentit forte. On reconnut aussi que la politique coloniale est le prolongement nécessaire de la politique industrielle. L'Afrique, plus encore que l'Asie, offrait des possibilités indéfinies de conquête.
Les pages qui racontent ces entreprises — Flatters, puis Foureau et Lamy au Sahara, Binger à la boucle du Niger, Archinard au Ségou, Gouraud au Kong et au massif de l'Adrar, Joffre et Bonnier à Tombouctou, Dodds au Dahomey, Savorgnau de Brazza au Congo et sur l'Oubanghi, Monteil et Marchand dans leurs traversées, l'un du Congo au golfe de Gabès, l'autre du Niger au Nil, Largeau dans rOuadaï et au Barkou, — ces pages sont parmi les plus belles du long roman de l'énergie française.
Le .Soudan, les territoires du golfe de Guinée, les oasis du Touat, la ^Mauritanie, les territoires du Tchad et du Chari, le Congo, l'Afrique occidentale française et l'Afrique équatoriale française, ce sont les Indes noires du xx"" siècle.
L'Algérie et la Tunisie n'apparaissent déjà plus que comme les portiques d'un nouvel Empire, l'un des plus vastes du monde. Partout où fut hissé le drapeau, il éveilla l'indigène à la vie européenne.
Le Transsaharien, qui mettra le Tchad à six jours de Paris, ne rencontrera pas des obstacles plus iusurmon-
LAIEXJLRE ni: BOULAS' G ER. — iS-SÔ-iHSg.
tables que le Transsibérien. Comme il * Des conférences internationales réglè-
sui^•ra le méridien, non le parallèle, il rent la répartition progressive de l'Afri-
desservira, à travers des climats diffé- que, qu'un pape partageait autrefois,
rents, des besoins plus intenses de rela- d'un coup de plume et d'un signe de
tiens et d'échanges. croix, entre le Portugal et l'Espagne.