P R È SID E S C" E D E C A R \ O T
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tour populaire des Cliauts du soldat, Déroulède, lui amena la Ligne des f^atrioles. Les monarchistes ccmmeacèreut à se rapprocher d'une force qui leur servirait à mettre bas la République ; on verrait après.
Par contre, le petit groupe des clairvoyants, Ferry et ses amis qui -^ l'avaient démasqué du premier jour, ne fut plus seul à lui barrer la route. — Ferry le traita de « Saint-Arnaud de café -concert ». — Tout ce qu'il y avait de républicains de principe (Brisson, Floquet, Clemenceau) se sépara de lui.
Pendant les années qui suivirent, il fut au fond de toutes les querelles et ce fut sur lui qu'on se battit.
Crise présidentielle. — Moins de quatre mois après le remplacement de Boulanger, le président Grévy se trouva tout à coup découvert par la révélation d'un trafic de décorations où son gendre Wilson était compromis avec deux généraux, Cafifarel et d'Andlau, et \me aventurière du dernier ordre. Les poursuites avaient été intentées par le général Ferron, le nouveau ministre de la Guerre.
Il n'y avait pas de doute sur la réalité des faits.
Les haines politiques et des animosités personnelles, et, encore, l'intérêt que des gens douteux ont à faire étalage de vertu dans ces sortes d'affaires, grossirent le scandale.
Comme Grévy, lui-même étranger aux pratiques de son gendre, se refusait pourtant à l'exiler de l'Elysée, il fut bientôt acculé à la démission (2-3 décembre 1887).
Le ministère Rouvier avait été renversé ï>our avoir essayé d'obtenir de la Chambre qu'elle laissât faire la justic ■ ; les hommes politiques, appelés par le vieu.x président, avaient tous décliné de former un cabinet.
Présidence de Carnot. — Les modérés posèrent la candidature de Ferry, les radicaux celles de Floquet et de Freycinet à la succession 9e Grévy. Le conseil municipal de Paris ayant pris la directi&n d'un mouvement d'allure révolutionnaire contre Ferry, nombre de républicains s'inquiétèrent. Ils firent choix d'un candidat de conciliation, Sadi Carnot, peu connu du grand public, sauf par son nom, homme de résolution et de bon
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sens, qui siof:;eait depuis longtemps dans les assemblées et avait été plusieurs fois nu nistre.
Les radicaux, ayant abandoimé leurs candidats, portèrent leurs voix sur Camot qui fut élu au second tour, après le désistement de Ferry en sa faveur.
Quelques jours plus tard, un demi-fbu tira sur Ferry dans les couloirs de la Chambre.
Mise en réforme de Boulanger. — Au cours de la crise présidentielle, Boulanger, tout inéligible qu'il fût, laissa coramencer sur son nom une campagne plébiscitaire. Il fut porté à des élections complémentaires dans six départements. Précédemment, il avait quitté à trois reprises son commandement, sans autorisation et sous un déguisement, pour tenir des conciliabules à Paris.
Le ministère Tirard, le premier que forma Carnot avec des modérés, mit aussitôt Boulanger en non- activité, puis le traduisit devant un conseil d'enquête, présidé par le général Février. A l'unanimité, le conseil prononça sa mise à la réforme pour . fautes graves contre la discipline (mars 1888).
N'ayant plus rien à perdre du côté de l'armée, Boulanger se jeta ouvertement dans la politique. Son plan, à peine dissimulé sous des phrases, fut de déchaîner un mouvement populaire qui le porterait à la présidence de la République où il serait, selon les circonstances, Cromwell ou Monk.
Campagne pébliscitaire, — Un comité « national >» dont firent partie Rochefort, Déroulède, le sénateur Naquet, quelques députés d'extrême gauche et un financier audacieux, le comte Dillon, décida de poser désonnais la candidature du « général » à toutes les élections partielles, et prit pour programme la dissolution de la Chambre et la re vision.
Bien que les radicaux eussent rompu avec Boulanger, ils crurent habile d'adopter la seconde partie de son programme ; Clemenceau renversa le miuistèie Tirard qui s'opposait à la revision, et Floquet, qui l'acceptait, passa de la présidence de la Chambre à la présidence du Conseil.
Boulanger tira parti d'une telle erreur, au moins de tactique. Pourvu abondamment de subsides, il se fit élire