SEAU (1846-19C
rC/. Pirm.J
— Avec l'aiiciea ministre de Gambetta et de Ferry, c'était, à une heure difficile, le retour à la politique et aux nié- ^ thodes qui avaient fait la République.
^^. , Son originalité était l^à "y*"^^^ faite de contrastes : le Ht=-1— jIH sens profond de la démocratie avec une distinction toute aristocratique, la fcnneté impassible d'un homme de gouvernement et la préoccupation des réformes sociales, le plus beau talent oratoire à la barre comme à la tribune, et le goût de l'action. Il donna le ministère de la Guerre au général de Gallifïet, fameu.x pour avoir conduit la charge des cavaleries à Sedan, détesté des révolutionnaires à cause de son rôle dans la répression de la Commune ; pour la première fois, un socialiste (Millcrand) devint ministre.
Treize voix déplacées auraient fait tomber Waldeck- Rousseau dès la première séance (26 juin 1899). Il fut accueilli par la droite et par les nationalistes avec de telles clameurs qu'il se crut dans « une cage de fauves » ; il obtint un sursis, refit l'État et dura près de trois ans.
Le procès de Rennes. — Nombre de révisionnistes s'étaient persuadés que lé conseil de guerre de Rennes, désigné par l'arrêt des chambres réunies pour juger Dreyfus, à son retour de l'île du Diable, s'empresserait de proclamer son innocence.
C'était méconnaître le trouble persistant que les passions aux prises avaient créé dans l'armée.
Le prétoire militaire n'était pas encore redevenu le <■ temple serein ->. Trop de mauvaises paroles avaient été proférées contre l'armée elle-même.
Dreyfus restait l'homme que cinq ministres de la Guerre et tant de grands chefs avaient déclaré coupable. Les quelques officiers qui déposèrent en sa faveur furent traités en suspects (Picquart, à peine sorti de prison, Hartmann, Freystaetter, tous trois Alsaciens). L'un des avocats de Dreyfus (Labori) fut l'objet d'iine tentative d'assassinat.
L'autre, Démange, tout catholique qu'il fût, n'avait pas été réélu au conseil de l'Ordre.
Mercier, dont la mise en accusation avait été demandée par Dupuy, son ancien président du conseil, pour la communication illégale des pièces secrè-
tes, fit une déposition qui n'apportait rien de neuf, mais répandit qu'il existait une preuve, impossible à produire, di- la culpabilité : un « bordereau » annoté par l'empereur allemand, avec le nom de Dreyfus.
C'était ce qu'on appelait le dossier « ultrasecret ».
Le chancelier allemand, Biilow, déclara, dan