A 1453. — LA GUERRE DE CENT ANS
à la couronne par la femme de Philippe verture de la volonté des Français d'avoir
le Bel. un roi français, non anglais.
Edouard III ne prêta l'hommage Ce ne fut pas une vieille loi ou un
qu'il devait à Philippe VI qu'après de préjugé, ce fut l'instinct national qui
longues négociations et avec toutes sortes décida. Le droit des hommes de se choisir
de réticences. Il se réservait de renier un gouvernement et une patrie naquit ce
son serment et, à son heure, de reven- jour-là. diquer le trône. Ce fut aussi l'origine de la guerre de
La \-n salique, qui ne s'appliquait pas Cent ans. La France y faillit devenir
aux fiefs, s'appliquait elle au trône? province anglaise. Mais, dans le même
On en peut discuter sans fin. On a vu temps, l'extrême péril que courut la
qu'elle ne fut invoquée ni à la mort de nationalité l'émancipa. La France a été
Louis X ni à celle de Charles IV. Quand jusqu'alors moins France que « chré-
les barons déclarèrent que « femme, ni, tienté ». Elle va se sentir exclusivement
par conséquent, son fils, ne pouvait par et à jamais France, dans la misère et sous
coutume succéder au royaumede France », la domination étrangère, et par Jeanne
la coutume alléguée n'était que la cou- d'Arc.