LE THEATRE
les hommes de toutes conditions et de toutes classes.
Comme Diderot l'avait également prédit, cette nouvelle forme de l'art dramatique permit « de discuter à [la scène lei points de morale les plus importants » et « d'y préparer le changement des lois ».
Scribe '. — Cette révolution, encore plus sociale que littéraire, fut facilitée par le succès du théâtre de Scribe, si parfaitement représentatif de la monarchie de Juillet.
S'il ne ^ préoccupa ni de pensée ni de style, Scritee fut un maître pour le métier, la technique du théâtre, surtout pour l'art des préparations, toutes choses également négligées par la plupart des auteurs du xvine siècle et par les romantiques, et qui firent de ses comédies et, même, de ses vaudevilles de durables modèles.
Une autre influence fut celle du roman de Balzac, qui avait, d'ailleurs, donné à la scène une manière de chef-d'œuvre :
Mercadet ou le Faiseur.
Un pur Gaulois, Emile Augier, et le fils d'Alexandre Dumas furent les chefs de ce nouveau théâtre, réaliste et moraliste, pendant la seconde moitié du siècle.
Emile Au'gier ^. — Les comédies en vers et en prose d'Emile Augier sont essentiellement bourgeoises (le Gendre de Monsieur Poirier, le Mariage d'Olympe, les Lionnes pauvres, le Fils de Giboyer, V .4 venturière, Gabrielle) .
Augier eut le culte du bon sens.
D'une robuste probité d'esprit et de cœur, il s'attaqua, non pas, comme Molière, aux travers de l'esprit, mais, comme un bon fils de Quatre-vingt-neuf, garde national à la fois conservateur et voltairien, à quelques-uns des dangers qui lui parurent menaçants pour la société issue de la Révolution : la souveraineté de l'argent, la réhabilitation de la com-tisane et de la fenmie adultère, la morale des. Jésuites.
Son style est plein, dru et franc.
Alexandre Dumas fils ^. — Alexandre Dumas fil-^, iinpn'gné, à ses débuts, de romantisme {la Dame iinr Camélias, Manon I -f'scaut du xix« siècle) ri, vers la fin, de symbolisme {la Femme tie Claude), fut un liservateur aigu, souiiit amer {U Demi- Monde, Une visite de noces), avec un fonds
, mnii3, FILS ^- 1791-1861.
(ih24-i>'95;. 2. 1820-1889.
rc/. Katy.J 3. lS2J-l895.
de réalisme {le Fils naturel, la Question d'argent, les Idées de Madame Aubray), le ton d'un prédicateur, volontiers paradoxal, mais « le paradoxe est le côté de la lune qu'on ne voit pas ».
La plupart de ses comédies furent des « pièces à thèses » ; son théâtre voulut être « utile » et le fut ; il a beaucoup contribué au rétablissement du divorce, à la loi sur la recherche de la paternité.
Les pièces de son meilleur élève, Paul Hervieu, sont des tragédiesen prose.
Autres écrivains de théâtre. — D'autres auteurs de théâtre ne furent moralistes, si l'on peut dire, que par ricochet, ou ne cherchèrent qu'à divertir un public de plus en plus nombreux.
Sardou, à mi-route entre Scribe (pour une merveilleuse habileté, l'esprit le plus inventif, les combinaisons les plus ingénieuses) et Hugo (pour une puissance dramatique à laquelle n'a fait défaut que le style), excella dans plusieurs genres. L'une de ses comédies {Divorçons) et l'un de ses drames {Patrie) approchèrent du chef-d'œuvre.
Deux œuvres maîtresses, l'une âpre, l'autre charmante, condamnèrent Becque {la Parisienne) et Pailleron {le Monde oà Von s'ennuie) à n'être chacun que l'homme d'une seule pièce. Il y eut un grain de Molière dans le vaudeville, honnête et gras, de Labiche.
Meilhac, proche parent de Marivaux, dans les comédies qui ne portent que son nom, et Halévy, cousinant dans ses nouvelles parisiennes avec les plus jolis conteurs du xviii'^ siècle, collaborèrent avec un musicien rhénan, Jacques Offenbach, à des opérettes qui évoquent le souvenir d'Aristophane {la Belle Hélène, la Grande- Duchesse de Gérolstein).
Les auteurs du « théâtre libre » portèrent à la scène les , T'^cédés et les révoltes du roman naturaliste.
La poésie lyrique rentra au théâtre, par réaction contre un réalisme brutal, avec Edmond Rostand. Par Cyrano de Bergerac, il voisina avec les fautai -istes du temps de Louis XIII ;
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\>dT l Atglon, avec Be- (,868-1919).
ranger et Hugo; par fci. noy^r.)
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MICHKI.KT.
Chùnteder avec Gœthe , celui du l'un des plus nobles vers qui soient : second Faust. Son coq gaulois claironna C'est la nuit qu'il est beau docroirc à lalumiè'-e.