‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 632 sur 725 · LES SCIE\CES · texte numérisé non relu

LES SCIE\CES

LE grand progrès des sciences au du rapport et des conditions. '> « Le déter- Ttixe «siècle, où elles contribuèrent à minisme ne nous rend pas compte de la

nature ; il nous en rend maître. »

E grand progrès des sciences au XIX® siècle, où elles contribuèrent à celui de l'industrie plus puissamment qu'à aucune autre époque, est dû, d'abord à la victoire qu'avait remportée au siècle précédent le principe fondamental : à savoir que le monde ne saurait être deviné,

Henri Poincaré^. — Il ne s'ensuit pas qu'on puisse dire à la science : « Tout ou rien. » Un autre très grand savant, le plus puissant mathématicien, comme

qu'aucune réalité ne peut être établie par Bernard fut le plus magnifique physio-

le raisonnement, que toutes les vérités logiste du siècle, Henri Poincaré, en fit

sont d'observation ou d'expérience. l'aveu dans deux livres célèbres : Science

Celles des vérités mathématiques et hypothèse et la Valeur de la science.

qui ne sont établies que par la seule La science, par sa nature même, n'est

logique, le sont seulement dans le monde pas chargée de nous fournir une morale ;

des abstractions ; appliquées à l'ordre des le mathématicien lui-même ne saurait se

réalités, elles constituent un instrument, passer de l'hypothèse. Seule une vue

elles n'y sont pas autre chose. superficielle des choses peut considérer

Claude Bernard i. — Descartes avait les vérités mathématiques comme «endonné au xvii*" siècle le Discours sur la chaînant pour ainsi dire le Créateur ». méthode ; Claude Bernard, médecin lyon- Il y a des hypothèses qui, vérifiables nais, donna au xix« V Introduction A la et vérifiées, deviennent des vérités fémédecine expérimentale. condes ; d'autres sont utiles que parce

Il n'y démontra pas seulement que la médecine doit devenir de science d'observation une .science expérimentale, mais il y posa les principes de l'expérience qui n'est au fond qu'une observation provoquée dans un but de contrôle.

Pour Claude Ber nard, la loi suprême de l'univers, c'est le déterminisme, qui fixe les conditions des phénomènes, permet d'en prévoir l'application et delà provoquer; «l'obscure notion de cause doit faire place dans la science à la notion

CI AIDR np.RN.\RD iiô.3.,87R).

qu'elles aident à fixer la pensée ; et « d'autres enfin ne sont des hypothèses qu'en apparence et se réduisent àdesdéfinitionsou à des conventions déguisées. » Ainsi d'Alembert avait déjà écrit :

« La définition et les propriétés de la ligne droite sont le scandale delà géométrie », boutade où l'on a pu voir comme l'origine de cette géométrie non- euclidienne qui suppose qu'on peut par un point mener plusieurs parallèles à une droite donnée et qui déduit de

2. J'ai cru devoir ne faire entrer aucun des écrivains hf.nri poi.ncaré vivants dans ce chapitre. (i?54-i9i2).

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