I. Le Pas de Calais
i35à. — BATAILLE DE POITIERS
gnifiantes. Du côté français, douze à Le roi Jean ^ —
quinze cents chevaliers étaient tombés, — Les trêves conclues
le vieux roi aveugle de Bohème, les ducs après la prise de Calais
de Lorraine, de Bourbon et de Savoie, le expirèrent en 1351 ;
comte de Flandres, onze princes, deux Philippe VI était mort
archevêques, — et autant de « gens du l'année d'avant. Son
commun ». fils Jean, plus cheva-
Perte de Calais. — Edouard mit leresque encore que
alors le siège devant Calais qui résista lui et chef de guerre
pendant près d'une année. Philippe aussi médiocre, paraît
réussit péniblement à lever une nou- avoir été surnommé le Jean ii le bon
velle armée, arriva jusqu'au camp Bon à cause de son (lyapiès'îe pmrait orf-
anglais et, jugeant la position trop forte, goût des fêtes et des gijai conservé à la
se retira. La noble viÛe, affamée, ouvrit toiunois, comme on ■*'*''• ^'"tJ
ses portes.
Edouard consentit à la recevoir à merci, mais à condition que six des bourgeois les plus notables, nu-pieds et nutête, en braies et en chemise, et les harts au col, vinssent se livrer. Eustache de Saint- Pierre et cinq autres citoyens se dévouèrent. Le roi anglais avait résolu de les faire pendre, mais il se rendit à la prière de la reine et leur accorda la vie (1347)-
Voilà Calais à l'Angleterre pour plus de deux siècles (jusqu'à 1558).
Quand le duc de Guise la reprendra, la reine Marie Tudor en mourra de douleur : « Si l'on ouvre mon cœur, disaitelle, on y trouvera les boukgf.ojs i.ii calais
écrit le nom de ^"Stache de Saînt-Pîerre et cinq autres notabi „ . . se renilent au roi d'Angleterre afin qu'il consent
Calais. ') la ville à merci. (Groupe, par Rodin.)
dit « le Bon vivant ». — En sens contraire, Richard III d'Angleterre dit de lui-même : « Puisqu'on m'a refusé les grâces et le don de plaire, je ferai le rôle de méchant ».
Il n'y eut. en 135 1, qu'une action d'éclat, le « Combat des Trente », rencontre théâtrale du Breton Beanmaiioir et de ses vingt-neuf compagnons contre r. Anglais Bremborought et autant de camarades. Comme Beaumanoir se plaignait de la soi', Godefroy de Bois lui dit de « boire son sang ». Tous fuirent blessés.
Bataille de Poitiers. — Après une nouvelle trêve, la guerre reprit eni355.
Elle avait déjà
c.iiais coûté très clier. Phi-
se rendent au roi d'Angleterre afin qu'il consente à recevoir t- ■,,-, -, ,
la ville à merci. (Groupe, par Rodin.) iiPPC VI avait Oe-
L'année d'après, mandé aux Etats
la peste noire qui avait ravagé l'Aile- généraux un gros impôt sur le commerce,
magne et l'Italie, gagna la France et Jean II leur en demanda d'autres, plus
fit des milliers de victimes. Dans douze lourds, plus impopulaires, sur le sel et
paroisses normandes, la cote des impo- sur les ventes, qui furent remplacés
sitions porta : « Néant, parce qu'il n'y a ensuite par une taxe sur les revenus,
plus de paroissiens ». mais inversement proportionnelle à la
Acquisition du Dauphiné. — Si grosse fortune, les pauvres payant plus que les
de conséquences que fût la perte du grand riches et les nobles.
pf)rt de la .Manche, deux importantes Les Etats exigèrent une promesse
acquisitions du domaine royal la com- solennelle de réformes et nommèrent des
pensèrent : Philippe acheta Montpellier receveurs pour surveiller l'emploi des
à une branche cadette de la maison fonds.
d'Aragon, qui régnait à Majorque, et le Du côté anglais, la guerre, fut menée
Dauphiné au duc Humbert II, qui par le fils aîné du roi, appelé prince de
employa l'argent de la vente à aller com- Galles comme l'héritier de l'rance s'appe-
battre contre les Turcs. - lait dauphin, et célèbre sous le nom de
La monarchie touchait aux Alpes. Le Prince Noir à cause de la couleur de son
fils aîné du roi , l'héritier, s'appellera désor- armure,
mais le Dauphin. i. 1350 à 1364.