‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 65 sur 725 · ETIENNE M ARC EL · texte numérisé non relu

ETIENNE M ARC EL

De Guyenne, d'où il avait ravagé le Languedoc, il entreprit de traverser la France de l'Ouest pour rejoindre le duc de Lancaster en Normandie. En route, il rencontra l'armée française près de Poitiers.

Ce fut la répétition de Crécy. La fleur de la chevalerie périt dans le combat. Le roi Jean se battit comme un lion, ayant son lionceau, Tun de ses fils, auprès de lui. Le brave enfant l'avertissait en criant : « Père,' prenez garde à droite ! Père, frappez à gauche ! »

Toute cette vaillance fut inutile contre la méthode et l'organisation de l'ennemi. Le roi fut fait prisonnier et conduit en Angleterre où il devait rester, dans une captivité assez douce, plus de trois ans. Etienne Marcel. — Au lendemain de Poitiers, la France était â^ns roi, sans année, sans gouvernement ; la noblesse féodale, deux fois battue, décimée, était sans force, furieusement divisée contre elle-même, impopulaire, rendue partout responsable de la défaite.

Le dauphin Charles, qui avait échappé par la fuite au désastre, n'était encore, à dix-neuf ans, qu'un prince chétif, timide, pâle, « au visage longuet •>. Il prit le titre de lieutenant général du royaume qu'il échangea, à sa majorité, pour celui de régent.

Paris fut l'objectif des .\nglais après Poitiers, comme Calais l'avait été après Crécy. La ville se mit d'elle-même en défense, commença de grands travaux de fortifications. Puis la bourgeoisie, avec l'exemple des bourgeoisies flamandes, tenta de prendre la place de l'aristocratie vaincue et déchue.

Le mouvement populaire et bourgeois des années 135 6- 1358 fut une première esquisse de la révolution qui devait éclater quatre siècles plus tard.

Un grand écrivain royaliste ' le rapproche du mouvement républicain de Nicolas Rienzi à Rome, à la même époque : « De temps en temps les principes populaires se faisaient jour, comme les volcans, à travers les masses qui pèsent sur eux ».

L'âme de cette tentative fut le prévôt des marchands de Paris, Etienne Marcel, qui devançait son temps par ses desseins, mais qui en gardait les vices dont il périt.

ETIENNE MARCEL Prévôt des Marchands de Paris, tué en 1358.

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