‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 647 sur 725 · ALLEMANDE · texte numérisé non relu

ALLEMANDE

tomes, pour un observateur superficiel, d'une profonde corruption.

Les affaires étaient partout très actives et la vie de plaisir à ce point bruyante que les philosophes en ressentirent une sorte de crainte superstitieuse.

L'entrevue de Konopischt. — On ne saura peut-être jamais de quelle manière l'empereur allemand se proposait d'amener le conflit. On sait seulement qu'il rendit visite le 12 juin à l'archiduc héritier d'Autriche François-Ferdinand, que l'amiral de Tirpitz, l'accompagna ; le ministre autrichien des Aû'aires étrangères, mandé par l'archiduc à Konopischt, après le départ de Guillaume II, dit au retour, parlant à l'ambassadeur allemand à Vienne, que les deux princes avaient arrêté «leurs dernières dispositions jusque dans tous les détails imaginables ^ ».

L'attentat de Sérajevo. ■ — Quinze jours après, l'archiduc et sa femme, s'étant rendus à Sérajevo, furent assassinés par un anarchiste bosniaque, sujet autrichien.

L'attentat avait été précédé, quelques heures auparavant, par une autre tentative de meurtre, mais d'un caractère suspect : une bombe, à peu près inoffensive, lancée sur la voiture de l'archiduc par le fils d'un policier (28 juin).

Au lieu du prétexte convenu dont l'archiduc emporta le secret dans la mort et qui -était peut-être la tentative manquée, ce fut le drame de Sérajevo .qui servit de brandon à l'énorme incendie.

Cependant l'événement, si grave qu'il fut, au seuil même de la poudrière des Balkans, ne donna l'alei te que l'opace d'un jour. On se rassura d'autant plus que le gouvernement serbe exprima sans ret ard sou horreur du crime et que l'empereur allemand, en juillet, partit comme à son ordinaire, pour sa croisière de Norvège.

-'. Dépêche lie l'anibas- guu.i.aume n sadeurTsrhirschky auchan- (1S59).

ceher Btthmann-Hollweg. (CL Th. Voit;t )

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i LU MAIL- M A LA SERBIE.

Le président de la République, accompagné du président du Conseil, s'embarqua de son côté pour rendre visite à l'empereur de Russie et aux rois de Danemark, de Suède et de Norvège. Diplomates et ministres allèrent, de toutes parts, en vacances.

Conseil de Potsdam. — Ce sont des documents officiels allemands, annotés de la main même de l'empereur, qui ont révélé conmient le coup fut monté entre Berlin et Vieime.

Le 5 et le 6 juillet, l'empereur allemand conféra à Potsdam avec l'ambassadeur autrichien qui lui apportait un mémorandum du ministre Berchtold et une lettre autographe du vieux François Joseph. Le chancelier Falkenha^m, ministre de la Guerre, l'amiral Cappelle et Zinimermann, sous-secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères, furent associés au complot.

L'empereur déclara qu' « il fallait agir ^ans délai contre la Serbie », — si innocente qu'elle fut du crime, — que « certainement la Russie se montrerait hostile », mais que l'Autriche pouvait entièrement compter sur l'Allemagne. En même temps, il donna « ses ordres pour les mesures préparatoires de guerre ».

La mèche allumée, l'empereur partit pour son alibi de la mer du Nord, d'où il pressa sans cesse le mouvement. 11 proposa d'ajouter aux conditions à exiger de la Serbie l'évacuation du Sandjak, « parce que cela ferait un beau vacarme * », et se plaignit que l'Autriche attendît, pour donner le signal, que Poincaré eût quitté la Russie.

Ultimatum à la Serbie. — L'ultimatum fut remis le 23 juillet à Belgrade avec un délai de deux jours pour la réponse.

""■ I-es conditions en avaient été délibérées de façon à les rendre, pensait-on, inacceptables, tant elles étaient humiliantes pour un Etat libre et un peuple fier : désaveu des propagandes et dissolution des ligues slaves, ordre du jour à l'armée où le roi lui-même condamnera la propagande, révocation des officiers et des fonctionnaires suspects, poursuite contre toute personne ayant aidé au complot du 28 juin, participation d'agents autrichiens aux poursuites.

Cependant la Serbie s'inclina, tant était sin-

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