LA GUERRE DE POSITION
f.illu les suivre, et étaient entrés à Constantinople.
Les Russes, avec une promptitude qui surprit les Allemands, avaient lancé, dès le mois d'août, deux armées dans la Prusse orientale. L'impéritie ou la trahison de Rennenkampf permit au vieil Hiiidenburg et à son lieutenant Ludendorff d'envelopper et d'écraser le vaillant Samsonoff à Tannenberg.
L'histoire de l'année russe engloutie dans les marais de Tannenberg a été inventée de toutes pièces. Il n'y a pas de marais sur ce champ de bataille déjà fameux pour une victoire des Slaves sur les chevaliers teutoniques.
Le raid russe n'en avait pas moins rempli sou rôle ; Moltke avait envoyé
au secours de la Prusse orientale trois corps d'année qui lui firent gravement défaut sur la Manie.
A l'automne et jusqu'à l'entrée de l'hiver, la Pologne fut le théâtre de grandes batailles où la fortune alterna.
Les Autrichiens furent constamment battus par les Russes qui s'emparèrent de Lemberg. Leur « expédition de châtiment » en Serbie se termina par un désastre. Le maréchal Putnik et ses « héros », après une éclatante victoire au mont Rudnik, leur firent repasser lé Danube.
Sur mer, les Anglais anéantirent l'escadre allemande du Pacifique. En Chine, les Japonais prirent Tsing-Tao, réduit de la colonie de Kiao-ïchéou.
T es tranchées. — A la fin de 1914, *- les immenses armées étaient terrées, depuis la mer du Nord jusqu'en Alsace, dans plusieurs zones continues de tranchées parallèles, entourées de réseaux inextricables de fils de fer barbelés.
La guerre de position succéda, pendant toute l'année 1915, à la guerre de mouvement. Le «poilu» apprit l'endurance, en donna un bel exemple.
La consommation des munitions avait dépassé toutes les prévisions ; les tubes d'artillerie étaient usés. Il fallut reconstituer des stocks de beaucoup plus abondants que par le passé, multiplier les canons, surtout les pièces lourdes.
Par l'invasion de ses départements du Nord et de l'Est, la France avait perdu de 50 à 60 p. 100 de ses ressources en coke, charbon, minerai de fer, les deux tiers de ses hauts fourneaux. Un méthodique effort d'improvisation refit une autre France industrielle.
Les ministres de la Guerre et des Munitions, la Commission de l'armée du Sénat, présidée par Freycinet, celle de la Chambre, activèrent le travail ; jour et nuit, ouvriers et ouvrières besognèrent dans les usines.
Forger les instruments de la guerre, c'est faire la guerre.
Tant que le matériel ne fut pas renou-
VUE DE TRANCHEES E;itre les tranchées et le boib au dernier plan, deux lijjnes de fili de fer barbelés.