LES BATAILLES D'ARTOIS ET DE CHAMP A GXE
vêlé et porté à une plus haute puissance, Les flottes alliées avaient déclaré le
le commandement dut ajourner les opé- blocus des côtes allemandes ; elles tenaient
rations de grande envergure. la mer. Les Allemands eurent recours
Cependant les fronts ne restèrent pas à la guerre sous-marine. Leurs sous-marius
immobiles, non point que JoSre s'émût ne se contentèrent pas de torpiller les
du reproche d'être, lui aussi, im tempori- croiseurs ennemis, et, ce qui eût été
sateur et de laisser trop longtemps i les encore de leur droit, les vaisseaux mar-
.Allemands à Noyon » ; mais tantôt il chands, à condition que les équipages
jugea utile de pousser à des positions eussent été au préalable mis à l'abri ;
plus solides ou dominantes, tantôt il eut mais ils coulèrent sans pitié tous les
l'espoir de faire reculer sur une large zone navires, même des navires- liôpitaux et
les lignes allemandes, et tantôt il fallait des paquebots, comme la Lusitania, qui
retenir des divisions que les Allemands avait à bord des femmes et des enfants
s'apprêtaient à envoyer contre les Russes, en grand nombre.
où ils semblaient vouloir porter leur prin- Ce n'était plus de la guerre ; c'était
cipal effort. de la piraterie.
Artois et Champagne. — Telles furent Les fronts orientaux les raisons,
souvent géminées, d'opérations locales (les Hurlus, les Eparges, le Bois -le -Prêtre, le Hartmannsweiler) et, aussi, des deux puissantes offensives d'Artois et de Champagne.
L'une, menée par Foch, au printemps, fit tomber toutes les défenses alleman des à l'ouest de la route d'Arras à Lens, au massif de Lorette et à Carency, devant la plaine des Flandres ; l'autre, conduite par Castelnau, à l'automne, creva la première ligne allemande sur 25 kilomètres entre Suippe et Aisne.
Ce furent seulement des victoires tactiques, lourdes de trophées et pleines d'enseignements qui ne furent pas perdus. « La guerre apprend la guerre. »
Atrocités allemandes. — Les Alle-
UNE OPERATION DE L AR.\LEE SAKHAROFF La cavalerie russe traverse un pont de fortune.
— Tenus en arrêt sur le front occidental, les Allemands et leurs alliés remportèrent d'importants
avantages sur les fronts d'Orient.
Le front russe. — Le g ra II d - duc Nicolas, dans les premiers mois de l'année,tant qu'il n'eut affaire qu'aux Autrichiens, les avait constamment refoulés ; il prit Przemysl, menaça Cracovie, commença l'escalade des Karpathes. La roue tourna après l'arrivée de l'armée allemande de Mackeii^er.. En trois mois (2 mai-5 août), les Russes, malgré des prodiges de bravoure, perdirent la Galicie et toute la Pologne (y compris Varsovie) jusqu'à la Vistule.
Les Austro-Allemands étaient pour\'us d'une puissante artillerie ; telle était l'incurie de la bureaucratie russe que.
uiauds firent usage, pour la première fois, dans beaucoup de divisions, un soldat
dans lesecteur d' Ypres, de gaz asphyxiants sur trois était armé de fusil ; les munitions
et délétères, bien qu'ils eussent adhéré faisaient défaut.
au protocole de La Haye qui avait in- L'impératrice, le mauvais génie de
terdit cette affreuse guerre chimique. l'Empire, lit envoyer au Caucase le grand-
L'aviation se développa beaucoup, duc qui avait la confiance du soldat ; le
Les Allemands ayant commencé à bom- faible empereur assuma le commande-
barder des villes ouvertes, anglaises et ment en chef des armées.
françaises, la loi du talion leur fut appli- La guerre contre les Turcs. — Les
quée. Ils multiplièrent les raids nocturnes Turcs furent d'abord battus, en Arménie
sur Londres ut sur Paris. par les Russes, au canal de Suez et en
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