DISGRACE DE JOFFRE
avait dévoré les
c'était « l'ulcère qui forces allemandes ' ».
Falkenhayn, rendu responsable de la sanglante faillite, fut remplacé au commandement en chef par le maréchal Hindenburg, avec Ludendorff pour quartier-maître général. Les deux « Dioscures » visitèrent le front de la Somme : « Les troupes s'usaient, nous étions toujours à la veille de la catastrophe -. »
Toffre et Foch, avec le sûr instinct détracteurs de la situation, eussent voulu continuer taires. jusqu'au printemps la pression anglofrançaise contre le front allemand ; ils ne purent obtenir de Haig que la promesse de reprendre en février une action élargie jusqu'à l'Oise et à la Scarpe.
Disgrâce de Joffre. — Mais les batailles otit leur destin comme des livres. Cette bataille de la Somme où Foch ne fut pas
Briand, qui n'avait obtenu qu'avec peine son dernier vote de confiance, crut s'assurer un nouveau bail en reconstituant son ministère (d'où les ministres d'Etat furent éliminés) et en sacrifiant, du même coup, Jofïre à ses parlemen-
Gal LYAUÏEY
Comme il était trop ^"- ('"■'^''""■^ intelligent pour n'en avoir pas un peu d'embarras, il entoura la mesure de toute sorte de témoignages d'estime ; Joffre reçut le bâton de maréchal.
Le commandement en chef passa à Nivelle, que Joffre avait lui-même éventuellement désigné. Foch fut relégué dans
inégal à lui-même, où Fayolle s'affirma une mission d'études, comme un grand chef, dont le butin '" ' " """ "
se chiffrait par 35 000 prisonniers et 150 canons, qui avait enfoncé sur 10 kilomètres de profondeur les lignes ennemies, et, par contre-coup, dégagé Verdun, on ne comprit pas que c'était une victoire. La Somme ne fut pas populaire.
L'armée du Rhin, éclipsée par l'armée d'Italie, avait connu autrefois une injustice semblable. Curlu, Bazentin, Dampierre, Estrées, Flaucourt, Combles, Bouchavesnes pâlirent dans le rayonnement de Douaumont et de Vaux. La solidarité des deux batailles échappa.
L'opinion, surtout le monde agité
Le front du Maroc. — Le ministre de la Guerre fut Lyautey qui, depuis 1912, commandait au Maroc.
Il était arrivé à Pez en plein soulèvement des Berbères. Un an après, la plus grande partie de l'Empire chérifien était soumise, la civilisation s'}' mettait au travail. Au début de la guerre, le gouvernement eût voulu qu'il se repliât à la côte. Il fit prévaloir son avis de maintenir le drapeau partout où il l'avait planté.
Tout en envoyant à la métropole des troupes marocaines en grand nombre, il poursuivit en pleine guerre l'organisation
des Chambres, avaient attendu la percée du vaste protectorat,
qui n'était pas l'objet, du moins immé- S'il n'eût pas tenu son front du Maroc
diat, de l'offensive ; il semblait aux avec autant d'habileté que d'énergie,
stratèges civils que la guerre piétinât sur tout notre empire africain aurait risqué
place d'être ébranlé aux profondeurs.
'année 1917 fut gâtée dans presque
politique.
Tenue en échec sur les champs de bataille de 1916, sur le Carso comme à Verdun et sur le Dniester comme sur la Somme, et réduite par le blocus cà un état Habsbourg. Des condidéjà voisin de la famine, l'Allemagne tiens, le kaiser ne dit appela la politique au secours, — d'où rien ; il demandait seui'effondrement de la Russie, une grande lement à caxiscr
D'abord l'empereur agit publiquement ; il proposa, par l'intermédiaire des neutres, l'ouverture de négociations. François-Joseph venait de mourir ; son successeur, l'empereur Charles, redoutait la dislocation de la vieille monarchie des
défaite italienne et, en France, un commencement d'agitation pacifiste.
Offensives allemandes de paix. — Faire surgir dans lui monde épuisé par la guerre, la vision de la paix, c'est énerver la volonté de la victoire ; ce fut la politique des Allemands.