‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 665 sur 725 · I.e premier avertissement de Wilson datait du i8 avril · texte numérisé non relu

I.e premier avertissement de Wilson datait du i8 avril

viendrait le par tage des terres.'

En quelques semaines, l'armée fut en pleine dissolution.

L' Amérique dans la guerre. — Pendant que les agents allemands activaient l'incendie qui allait consumer en moins d'un an la puissance russe, la guerre sous-marine à outrance, obstinément réclamée par l'amiral von Tirpitz, acheva de décider le ait lui pour l'Amérique de se dévouer président Wilson à entrer dans la guerre, corps et âme aux principes qui l'ont

Il avait averti l'empereur, dès le formée. »

UN SOIJS-MÂEIN U. C, POSEUR DE .MINES

1916 ; le 2 avril 1917, il réunit le Congrès et, dans l'un des plus nobles discours qui aient été prononcés, annonça, au milieu d'un silence religieux, sa résolution : « Le défi est jeté à l'humanité tout entière. Nous ne choisirons pas le sentier de la soumission.

La justice est plus précieuse que la paix.... Soyons fiers que le jour

printemps de 1916, qu'il romprait les relations diplomatiques si l'Allemagne n'abandonnait pas ses procédés sauvages de guerre sous-marine ; et qui connaissait ce grand presbytérien, à la fois théologien et juriste, idéaliste et homme d'action, ne pouvait douter que sa parole serait confirmée par les faits.

Le Brésil, les républiques de l'Amérique centrale, suivirent Wilson dans la guerre.

Joffre fut chargé, avec Viviani, de porter aux Etats-Unis le remerciement de la France. Son voyage fut un long triomphe.

Le commandement de l'armée d'Eu-

L'Allemagne, ici encore, fit preuve de rope fut donné au général Persbing. Le son manque couturaier de psychologie ; premier contingent amérir.Tin prit terre une campagne de cor- en France le 26 juin

ruption et d'intimidation, hardiment menée, suffira, dans un pays qui compte près de 8 millions d'Allemands, à faire refluer le courant des sympathies déjà déclarées pour la France.

La cynique entreprise se retourna contre ses auteurs.

Le II juillet, le colonel Stanton alla s'incliner devant la tombe de La Fayette au cimetière de Picpus : « La Fayette, nous voici. »

L'offensive de 1917.

— D'importants changements de gouvernement s'étaient produits entre temps en Europe.

Li.ovi) <;eorgf.

BATAILLE DE L'AISNE. — igiy.

DOUGLAS HAIG

A Londres, Lloyd George devint premier ministre à la place d'Asquith et, dans le pays classique du gouvernement des partis, forma un cabinet de coalition (avec Balfour , Bonar Law, lord Milner, des travaillistes). Il avait, l'année d'avant, eu la plus grande part à l'établissement de la conscription, l'une des plus nobles victoires que l'Angleterre ait remportées sur elle-même.

A Paris, où les Chambres, siégeant en permanence, multipliaient les incursions dans la direction de la guerre, Briand glissa du pouvoir, où il fut remplacé par Kibot, jusqu'alors ministre des Finances. Ribot prit le ministère des Affaires étrangères où il avait été autrefois l'un des principaux auteurs de l'alliance russe ; il appela à la Guerre un mathématicien renommé, Painlevé.

A la Chambre, la Commission de l'armée avait préconisé une « grande bataille offensive», «question, disait-elle, de vie ou de mort pour la France d. Sur la Somme, « l'année avait été engagée dans un bourbier.... Le front sera percé, par qui le voudra, à la condition d'y mettre le prix. •>

Ni Painlevé, ni quelques grands chefs, parmi lesquels Pétain, n'étaient dupes de ces illusions. Inquiets de la désorganisation russe, ils pensaient qu'il serait prudent d'ajourner l'assaut général à l'entrée en ligne de l'Amérique.

Le plan de Nivelle — Au contraire, .

Nivelle se prononça pour l'action immédiate, redoutant d'avoir « à subir la volonté du Boche » ; mais, alors que Joffre avait projeté d'engager la bataille, au contact des Anglais, entre la Scarpe et l'Oise, de l'Ouest à l'Est, il organisa son offensive entre Reims et le canal de l'Aisne à l'Oise, du?ud au Nord, contre le massif de Craonne, « le grand objectif stratégique », dira Ludendorff, mais où Napoléon lui-même avait échoué.

Dans le même temps, les armées britanniques entreprendraient, entre Arras et Bapaume, une puissante attaque que nous appuierions en direction de Saint- Quentin.

Haig, nommé maréchal à la suite de la bataille de la Somme, accepta le plan de Nivelle.

Repli de Hindenburg. — Hindenburg, 'i la fin de iqi6, ne s'était cramponné à la Somme que faute d'une ligne de

retraite organisée ; mais la bataille avait été si bien une défaite allemande qu'il n'eut pas plutôt établi à l'arrière, du massif de Saint-Gobain à Saint-Quentin et du canal de Crozat à la crête de Vimy, la ligne formidable qui reçut sou nom, qu'il ordonna le repli.

Il évacua sans combat Bapaume, Péronne, Neslc, Ham, Noyon, Chauny, mais dévastant toute la tégion, incendiant les villes et les villages, rompant les routes, sciant les arbres fiuitiers, créant le plus affreu.x désert qu'il appelait « un glacis ».

Nivelle fut surpris par la retraite des Allemands, aveu de la défaite de 1916, mais que Hindenburg faisait célébrer comme une manœuvre géniale. Il eût fallu attaquer aussitôt sur leurs derrières, sinon « l'attaque tomberait dans le vide ». La poursuite fut ordonnée trop tard.

Cependant Nivelle ne jugea point que la situation créée par la défaillance russe, le nouveau facteur américain et le repli allemand, fussent des raisons d'ajourner l'action contre le massif soissonnais. Bien que Pétain continuât à n'être pas d'avis «d'une bataille à allures décisives», Painlevé y consenti t^ mais sans que ce fût son sentiment, et, avec lui, la majorité d'une conférence de ministres et de généraux que le président de la République réunit à Compiègne (6 avril).

La bataille de l'Aisne. — F-ngagée par un temps affreux et contre un ennemi qui s'était préparé de longue date à recevoir le choc, la bataille de l'Aisne (16-20 avril) ne fut qu'une demi-victoire.

Sans qu'on puisse reprocher au commandement de proposer aux combattants des objectifs élevés. Nivelle s'était flatté et, surtout, il avait donné trop à entendre que le premier élan le porterait dan? la plaine de Laon.

La falaise de l'Aisne, garnie de mitrailleuses nichées dans les creutes ^, opposa une terrible résistance. Mangin, malgré la vaillance splendide de ses troupes, ni Mazel, peut-être à cause d'une préparation insuffisante d'artillerie, ne purent dépasser le Chemin des Dames, au long de la crête qui domine les vallées de l'Aisne et de l'Ailette.

Si lourdes que furent nos pertes, celles des Allem.ands les dépassaient de beaucoup. Nous avions fait 20000 prisonniers et ramassé des tas de canons et de mitrailleuses.

Les Anglais, de leur côté, enlevèrent Vimy et mordirent sur la ligne Hindenburg.

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