L'OFFENSIVE POUR LA PAIX
temps toucher à la victoire, en était plus . L'attaque sur Amiens. • — L'attaque
éloignée qu'au premier Jour, parce que la allemande du 21 mars 1918, en direction
volonté des peuples de l'Europe qui d'Amiens, eut pour objectif principal de
s'étaient successivement coalisés contre couper les communications entre les
elle, restait irréductible et que leurs forces Anglais et nous ; elle se fit en conséquence
s'étaient accrues du secours immense au point de soudure, nécessairement le
de l'Amérique ; et la roue, à l'été, n'eut plus vulnérable, des deux armées, à l'ouets
pas plutôt recommencé à tourner qu'elle du massif de Saint-Gobain.
se sentit désormais incapable Du premier coup, qui fut formidable,
même de cette ostentation 37 divisions contre 14, la faible charnière
par laquelle on peut encore sauta. Si l'armée du général Byng résista,
tromper les autres. Les dé- celle du général Gough, qui faisait la
faites militaires et les droite, face à Saint-Quentin, fut enfoncée.
L'offensive pour la paix. — Si brillantes que fus sent les apparences au début de la quatrième année de guerre, la situation de l'Allemagne était, en réalité, précaire. Ni l'Ukraine ni la Roumanie n'avaient apporté autre chose qu'un soulagement d'une heure à la crise économique ; dans l'amaigrissement général, le moral faiblissait.
Ludendorff \ it
très clairement le
danger américain ; il fallait en finir avec les alliés d'Occident avant que les troupes d'outre- Océan, qui commençaient à débarquer, fussent en nombre. Il fit revenir de Russie 64 divisions, environ 600000 combattants, auxquels s'ajouteraient bientôt près d'un demimillion de recrues de la classe 1019-
Avec cette masse, il va lancer le suprême assaut, <r l'offensive pour
défaillances populaires se répercutèrent.
Armée et nation s'effondrèrent dans le même temps.
Voilà le sens magnifique des événements, à la fois surprenants et inéluctables, du der-
Débordée, ayant dû engager à la hâte toutes ses réserves, elle se retira précipitamment, abandonnant en trois jours toute la région dont Hindenburg, l'année d'avant, avait fait un désert.
Ludendorff put croire que la liaison entre Haig et Pétain était rompue ; il rejettera les Anglais sur la mer, les Français sur la route de Paris. « Les cloches de Pâques sonneront la paix. »
Le « colmatage » de Pétain. — Le péril, le plus grand que les alliés eussent couru, fut conjuré par le sang- froid de Pétain et par la splendide vaillance des chefs (Pelle, Humbert, Debeney, Fayolle' et des régiments qu'il jeta audevant des Allemands. « Soldats ! dit Humbert, vous défendez le cœur de la France. »
Se cramponnant au terrain, se battant un contre trois, et, même, un contre six, ils firent digue, arrêtèrent ou ralentirent les progrès du flux allemand.
Ce magnifique « colmatage », entre Somme et Oise, dérangea les calculs de Ludendorff.
OBUSIF.R DB 520 1,'iin des types de l'artillerie de campagne.
la paix »; Pétain put maintenir sa liaison avec les l'armée allemande accomplira « la plus Anglais, qui semblaient déjà se retirer grande tâche de son histoire ». vers les ports du Pas-de-Calais.
L'UMTÉ DE COMMANDEMENT. — i(,ifi.
L'unité de commandement. — Cette unité de commaiidemeut, que les clairvoyants, depuis si longtemps, réclamaient en vain, apparaissait maintenant comme la condition primordiale du salut. La dure défaite était due surtout au manque de coordination des armées, simplement alignées l'une à la suite de l'autre.
Appelés par Haig, lord Milner et le général V»ilson accoururent de Londres et se rencontrèrent à DouUens avec le
président Poincaré.Clemenceau, Pétain et Foch (25 mars). De raccord de tous, la direction de la bataiHe fut aonnee a ^^ dirigeable français: « adjudant-vincenot »
r O C n qui Tj-pe français du dirigeable : forme fuseau, enveloppe souple, nacelle unique. carteS, 11 leS
reçut, quel- préférait à ques jours plus tard, le titre de général celles des Allemands et commença aussien chef. tôt à préparer une contre-offensive au sud
Bombardement de Paris. — Malgré de la Somme,
le «colmatage» de Pétain, la situation Bataille des Flandres. — Comme s'il
restait grave. La prise de jMontdidier en avait eu le soupçon, Ludendorff,
mettait les Allemands à 80 kilomètres rude jouteur, prit les devants et jeta une
de Paris. ruée ordonnée sur le front anglo-portu-
Obstinés dans ce système de la terreur gais des Flandres. Haig, malgré une
qui avait soulevé contre eux plus de tenace résistance, fut défoncé sur la Lys,
haines que la guerre elle-même, ils se entre Ypres et Arras qui tinrent bon, et
mirent à bombarder Paris, à distance de menacé, une fois de plus, d'être rejeté
100 kilomètres, avec des canons monstres, sur la mer.
La grande ville, gouailleuse, appela ces II fallut aller, c'était le plus pressé,
engins des « Berthas », du prénom de la à sa rescousse (avril 1918). Pétain, sans
devant Amiens : je me bats dans Amiens ; je me bats derrière Amiens. »
La bataille pour Amiens dura près d'une semaine.
Hindenburg raconte qu'il aurait volontiers crié à chacun de ses soldats : « Prenez au moins Villers-Bretonneux pour que, de ses hauteurs, je puisse bombarder Amiens. » Mais « l'armée de Picardie » était à bout de souffle ; Amiens resta aux Anglo- Français.
Commentaire de Hindenburg :«La grande bat ail 1 e de France est finie. »
Foch dit qu'à bien regarder ses
IN ZEPPELI.N" Type allemand du dirigeable : forme cigare, enveloppe rigide, nacelle double.
fille de Krupp, le directeur des usines d'Essen.
Paris reçut plus de deux cents énormes obus. Le Vendredi Saint, l'un de ces projectiles tomba, pendant l'office des ténèbres, sur l'église Saint-Gervais et fit près de cent victimes.
Bataille devant Amiens. — Foch, professeur à l'Ecole de guerre, y avait enseigné la doctrine napoléonienne de l'ofiensive. Il l'avait appliquée, depuis le premier jour de la guerre, en Lorraine, aux marais de Saint-Gond, sur l'Yser et sur la Soimne. Il était déjà bien résolu à l'appliquer de nouveau dès qu'il aurait arrêté les Allemands devant Amiens.
Quelques-uns parlaient d'évacuer Amiens ; réplique de Foch : « Je me bats
trop dégarnir la route de Paris, donna dix divisions. Après d'effroyables combats, le flux allemand vint mourir au massif des Monts qui surgit de la basse plaine flamande devant Cassel.
La rupture de l'Aisne. — De nouveau Foch prépara une offensive (en avant d'Amiens, sur le terrain, qu'il connaissait bien, de la Somme) quand Ludendorfï, encore une fois, le devança, mais dans une troisième direction, entre Soissons et Reims, sur ce Chemin des Dames si péniblement conquis l'année précédente, où il savait que notre défense était la plus faible.
Le général Duchêne, soldat solide et attentif, avait vu se former l'orage. Ce front de bataille, qui allait de la mer du
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