LE CHEMIN DES DAHIES
Nord à la Suisse, ce n'était pas une barre rigide ; c'était une chaîne articulée. Avec les effectifs du printemps de 191 8, il était impossible de garnir également tous les secteurs (à raison de 2 divisions pour 7 kilomètres). Pershing, du premier jour, s'était mis aux ordres de Foch, mais il n'avait encore qu'un petit nombre de troupes instruites.
Il parut à Foch qu'il devait garder le gros de sa masse de manœuvre sur les fronts de Picardie et des Flandres.
L'offensive, que signalait Duchêne, ne
et sept, à une batterie contre quatre.
Etonnés eux-mêmes de l'ampleur de leur succès \ les Allemands poussèrent à la Marne, au chemin de fer de Paris à Châlons ; ils occupèrent Château-Thierry et Soissons.
Cependant, des renforts ayant été amenés en toute hâte, l'équilibre fut rétabli par Duchêne, le neuvième jour après l'attaque. Ce formidable cyclone, qui s'était déclenché sous les yeux de l'empereur et du kronprinz, s'arrêta à la lisière des grandes forêts du Valois et
L'ATTAQUE DU CHEMIN DES DAMES (cy mai 1918).
fut à aucun moment dans la pensée de Ludendorff une diversion, mais on pouvait supposer qu'elle le fût. Un revers momentané sur l'Aisne serait de moindre conséquence qu'en Artois. Ce sont les risques de la guerre.
Assailli sur un front de go kilomètres, par 25, puis par 34 divisions allemandes qu'accompagnaient les gaz et les feux de 4 000 canons, Duchêne, avec 8 divisions de la 6'' armée et 3 divisions britaimiques, était vaincu d'avance (27 mai).
Les Allemands sur la Marne. — La rapidité de la pression de l'ennemi fut telle qu'il arriva aux passages de l'Aisne par dessus les nôtres et pendant que de furieux combats continuaient encore à l'arrière, à un contre quatre, cinq.
devant la route de Meaux.
Le secours américain. — Ce fut la dernière épreuve. Année et nation, et tous nos alliés, la supportèrent sans fléchir, alors que Ludendorff avait escompté le désarroi et la panique ^.
Le président Wilson, à l'appel qu'il reçut, gagea toutes les ressources de l'Amérique sur la victoire. Au 4 juillet, jour de la fête de l'Indépendance, plus d'un million d'Américains avaient débarqué ; à peine dégrossis, ils coururent au front. Chacun des mois suivants en amènera 300 000, sans que les sous-marins osent se risquer contre les immenses convois.
^ I. HiKDENBURG, Souvcnirs, p. 330.