I. Voltaire, V.%%ai sur les Mœurs. 2. Ronsard
140^. — LOUIS D'OKLÉAXS ET JEAN SAXS PEUR
CHARLES VI (1368-14221
(D'iiprès une miniature.
Il sombra tout à fait quelque temps après, au cours d'une mascarade, à l'hôtel Saint-Pol. Il s'était déguisé, avec cinq de ses chevaliers, en satyres, cousus dans des cottes de toile enduites de poix et recouverts d'une toison d'étoupes de lin, qui les faisaient pareils à des boucs.
a. Brrtaui /rires.) ^gg cinq courtisans Se
mirent à danser, poussant des cris. Le duc d'Orléans et le comte de Bar surviennent, accompagnés de porteurs de torches, et s'approchent des satyres dansants. A l'instant, les sauvages flambent.
La duchesse de Berry entraîna le roi.
Il eût mieux valu qu'il brûlât.
Ce mort vivant régnera trente-deux ans sans recouvrer la raison qu'à de très courts intervalles.
Il passait de longues journées à jouer aux cartes ; ce jeu, originaire de Chine, ne fut pas inventé, comme on l'a dit, à son usage ; il le mit seulement à la mode.
Mais tel était le prestige de la royauté et si profondes ses racines dans le cœur du peuple, surtout des petites gens, que, loin de condamner le principe qui leur donnait un dément pour souverain, ils restèrent attachés de toute leur tendresse au pauvre roi et se le faisaient montrer, aux églises et au théâtre des Confrères de la Passio.i, quand il n'était pas trop fol.
Minorité du roi. — Ces temps (fin du xiv«, début du xv« siècle) ne furent pas moins frénétiques et douloureux que le roi.
Le seul grand livre de l'époque, celui dont l'auteur a formé le vœu qui a été accueilli : « Accordez-moi d'être ignoré ! », V Internelle Consolation, première forme de Vlmitation de Jésus-Christ, s'adresse au siècle comme à l'homme : « Méprise-toi toi-même ; méprise non pas seulement tes vices, ce qui t'empêche d'être vraiment toi, mais ce qui est toi. »
Déjà la minorité de Charles VI, pendant la régence de ses trois oncles, Anjou, Berry et Bourgogne, et les débuts de son règne, avant la démence, avaient été gravement troublés : retour offensif des grands vassaux, bridés pendant le dernier règne et qui cherchaient leur revanche ; — émeutes des pauvres gens, à Rouen, à Montpellier, des maillotins à Paris ; laide guerre contre les communes des Flandres qui voulaient se constituer en villeslibres: — intrigues de cour contre les
JEA.N" iA.N;
(t37l-l4 (Musée du Louvre,
Ci. HuLhetlej.
Le roi Richard
anciens conseillers de Charles V, rappelés au pouvoir par le jeune roi, gens de petite noblesse ou de bourgeoisie que les seigneurs traitaient de « marmousets i> ; partout, un vent L de révolte et de guerre t'f.
civile.
La trêve avec l'Angleterre avait été prolongée, en 1396, de vingt-huit ans. Cela équivalait à la paix, entra, par malheur, en lutte avec le Parlement et avec l'Église, et fut déposé.
Son cousin Bolingbroke, duc de Lancaster, qui prit la couronne sous le nom de Henri IV, était le chef du parti de la guerre (i399)-
Louis d'Orléans et Jean sans Peur. — La rivalité des princes, le duc d'Orléans, frère du roi, et le duc de Bourgogne, Jean sans Peur, fils de Philippe le Hardi, ne divisa d'abord que la cour. Elle déchirera bientôt le royaume.
Louis d'Orléans était un prince léger, magnifique et charmant, ambitieux par accès et violemment hostile au nouveau roi d'Angleterre.
Son cousin, Jean sans Peur, était tout l'opposé, sauf pour l'ambition qu'il n'avait pas moins grande, mais continue. Il tenait son surnom de la bravoure qu'il avait déployée à la Croisade contre les Turcs qui venaient de pénétrer en Europe, avec Bajazet l'Eclair (Ilderin).
Les sympathies de Jean étaient pour l'Angleterre, à cause de son comté de Flandres, qu'il tenait de sa mère, et à cause du Hainaut et de la Hollande, qu'il avait de sa femme ; Hollandais et Flamands avaient leurs intérêts commerciaux du côté anglais.
• On se souvient que cette puissante maison de Bourgogne tirait son origine de l'une des pires erreurs du roi Jean. Ayant hérité du duché, il l'avait, au lieu de l'incorporer au domaine royal, donné en apanage à son fils Philippe.
Charles V confirma l'apanage et l'accrut de Lille et de Douai afin de faciliter le mariage de son frère avec l'héritière des Flandres et de soustraire ainsi cette barrière de la France du Xord à l'Angleterre ; mais au lieu que la Flandre devînt l'associée de la Bourgogne, « ce fut tout le contraire ».
La coutume de transmettre les pays et les peuples par mariage et par héritage, d'une maison royale ou ducale à une autre,
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