Même lettre
i42r). — LE SACRE DE CHARLES VII
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jugèrent imprudent d'aborder la ville communiqué du 22 mai, qui raconte la
par la ligne des boulevards, qui fermait délivrance d'Orléans, ne mentionne
la route, et décidèrent de la tourner par Jeanne qu'à la fin : « Et auxdits exploits
la Sologne ; mais l'in'^ndation d» la I '^''re a t-^ujours été la Pucelle, laquelle est
empêcha le gios dt 1 aimee de franchir le \enue de\ers nous ». Charles VII n'alla
fleuve au dd d'Orléans.
Pendant qu< l'armée revenait sur ses pa^ Jeanne passa 1 i Loire en bateau avec 200 lances et entra de nuit dans Orléans.
Tout d( suite, il n'y eut plus qu'elle. L( > Orléanais, éciit un témoin, « se sentirent aussi tôt réconfort c s et comme desassiégés ».
Anglais com-
meme pas voir les Orléanais.
La guerre est gagnée. — Demandons à Napoléon le secret de la victoire d'Orléans : « A la guerre, les trois quarts sont des affaires morales; la bataille des forces réelles n'est que pour un autre quart'».
« La bataille des forces réelles »
fut conduite par La Hire et par Dunois. Les trois quarts, c'était
SIEGE D'ORLEANS Les Épisode du Siège ; l'une des attaques menées par les Anglais (avril mai 1429). Au premier plan,, une buinharde.
(D'après une miniature de la Bibl. Nat.)
mencèrent à
prendre peur. La voyant debout sur Jeanne.Bedford, cinq ans plus tard (1434) une barrière, ils lui jetèrent de grosses écrira à Henri VI : « Le motif du désastre injures : « Vachère, si nous te tenons se trouve, selon moi, en grande partie, jamais, nous te ferons brûler ! » dans les folles idées et la peur déraison-
L'armée revint, le 4 mai, avec un nable inspirées à votre peuple par un convoi de vivres, moitié par la rive droite, disciple et limier du diable, appelé la moitié par la Sologne. En quatre jours, Pucelle, qui a usé de faux enchantements les Anglais furent délogés de leurs bastilles et de sorcellerie. » qui, séparées les unes des autres, ne pou- La guerre anglaise dura encore vingt-
vaient se secou- , quatre ans (jus-
rir. Jeanne, son ri/5^S%^ qu'eni453); mais
étendard à la kjk 1""""^^^ l'Angleterre a
main, se mêla au ^J^y^^fl^^^' ^ ^ { À perdu la guerre
combat, fut ^«^âJf ' j|fj <" " J M^ jA devant Orléans,
blessée à l'épaule j^w4' I ^^A ^t^*^ ^^1 f^ ^^ reste viendra
d'un trait d'ar- /ff i / ' f^ , ^^i^AJ flïhX/' ^^^ surcroît,
balète. Le boule- / j- / 1 / 1 r*-"'^ ^"T d'ailleurs sans
vard des Tou- g s l - "^^ ~ - grands événe-
relles fut pris ^T k %^-~ "^éS;i;ii; ments militaires,
d'assaut le 7 ; le »^v x^ ^ // -^"^^ De toutes les ba-
8, les Anglais ^ V ^ %->- - ^ --~~f/ • "^ i tailles qui sui-
décampèrent. , - ^ \-'''r^V;t~J vront.aucuncn'a
La levée du — ' ^^ ' fisfvmi. 11 I laissé un nom
siège d'Orléans, le vieu.\ ciiate.vu de roien en 1525 dans la mémoire
après deux cent ^^ avant, la fp-osse tour où Jeanne d'Arc fut emprisonnée (JeS hommeS. Orr>o.,* i^,...^ ^';„ pendant son procès. I D'après m\ àess,m an /.ivre des t-oiitaittes, i-„„„ ,i^,„;„„ i„
neuf jours dm-'' "^ bmwi mumcip. de Roue») Icans domine le
vestissement et dernier quart de
neuf jours après la venue de Jeartne, siècle de la gtierre de Cent ans comme
eut un retentissement immense. Dans Crécy et Poitiers le premier, Azincourt
toute la France loyale, les feux de joie le troisième. La libératrice, c'est Jeanne,
s'allumèrent et l'on fit des processions Reims. — Son deuxième objectif
d'actions de grâce. Le nom de Jeanne était était Reims. Charles VII, qu'elle conti-
sur toutes les lèvres : elle seule avait nuait à appeler le « dauphin », ne sera roi
vaincu. légitime de France qu'après avoir été
Les conseillers de Charles VII s'inquiétèrent de cet enthousiasme; le i. Lettre du 27 août 1808.
COMPIÈGNK. —
sacré dans l'antique cathédrale. \uc très le sens aigu de l'arme moderne par judicieuse des choses, politique autant excellence : l'artillerie. La crainte de que religieuse. C'est le sacre qui fait le tomber prisonnière ne lui vint que l'année
Les Anglais pensaient à y mener leur roi enfant.
Si grand que fiit le désarroi des ennemis, il fallait dégager les bords de la Loire avant d'aller à Reims. On en vint à bout en quelques jours. Tout à coup,
d'après.
Ce fut elle qui entraîna le roi devant Paris. Elle eut l'idée juste d'assiéger la grande ville bourguignonne selon les règles ; Charles crut l'emporter par un coup de main, donna l'assaut et fut repoussé. Jeanne fut blessée, au moment
ces belles troupes anglaises ne tenaient de l'escalade, devant la porte Saint-
plus.
Jargeau, puis Beaugency furent forcés avant que sir John Falstoff (le FalstafE de Shakespeare) n'amenât son armée de secours, mais pour la faire battre à Patay (11-19 juin). Talbot, l'Achille anglais, était au nombre des prisonniers.
Les militaires hésitèrent devant le voyage de Reims :
plus de soixante lieues à parcourir en pays hostile, avec plusieurs grosses villes qui pouvaient arrêter longtemps les Français. Jeanne, « par dépit, alla se loger aux champs».
Le cri de l'armée fut le plus fort. On partit le 29 juin.
La résistance fut à peu près nulle.
.\uxerre laissa passer ; Troyes se mit, après des pourpar 1ers, dans l'obéissance du roi.
Honoré. Charles leva alors Je camp et reprit le chemin de la Loire.
Suite de la mission. — La renommée de Jeanne croissait toujours ; elle était comme la sainte de la France. Son extraordinaire aventure avait ému toute l'Europe. Déjà on la voyait, quand elle aurait achevé de délivrer la France, mener toute la chrétienté . à Jérusalem. La vieille poétesse Christine de Pisan, dans les derniers vers qu'on a d'elle, annonça la
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L»^|<Ma'.
EN MARGE D'UN VIEUX LIVRE Le greffier du Parlement de Rouen a crayonné, sur un de ses registres, ce « portrait x de Jcuine d'Arc. (Arch. A'al.J
nouvelle croisade.
Elle restait modeste et simple, mais avec le sentiment de sa force et s' irritant des hostilités qu'elle rencontrait depuis quelque temps à la cour, dans ce qu'on appellera it aujourd'hui « le monde officiel ».
Si Dunois, La Hire, Xaintrailles, Alençon l'eussent suivie au bout du monde, La Trémoille et l'archevêque de
Charles Vil ât son entrée à Reims, le Chartres, chancelier, la minaient auprès
16 juillet, et fut sacré le lendemain dans du roi. la basilique de Notre-Dame. Le vieux Gerson, le « docteur très
Pendant la cérémonie, Jeanne se tint chrétien », le théologien qui fut l'âme du
près de lui avec son étendard : « Il avait concile de Constance, du fond de son
cloître, prophétisa : « Il pourrait arriver que la Pucelle ne remplît pas toute notre attente à cause de notre ingratitude. »
Compiègne. — Dès le printemps (1430) elle recommença à guerroyer, mais avec de faibles forces. Elle battit les Anglo- Bourguignons à Lagny.
Quand, au procès, on lui demanda
été à la peine, c'était très raison qu'il fût à l'honneur. »
Elle dit au roi, après qu'il eut reçu l'onction : « Gentil roi, maintenant est exécuté le plaisir de Dieu, qui voulait que je levasse le siège d'Orléans et vous amenasse en cette cité de Reims recevoir votre saint Sacre, en montrant que vous
êtes le vrai roi et celui auquel le royaume par quel secret elle entraînait les gens de France doit appartenir. » d'armes : « Je leur disais d'entrer har-
Paris. — Toutefois elle ne tenait pas diment parmi les Anglais et j'y entrais sa mission pour accomplie. N'avait-elle moi-même. »
pas écrit aux chefs anglais qu'elle était Ce fut son dernier succès. Comme le
envoyée pour les chasser tous de duc de Bourgogne avait commencé le France? Il semble aussi qu'elle eût pris siège de Compiègne, elle s'y jeta avec des le goût de la guerre; le duc d'Alen- renforts. Le 23 mai, au retour d'une sortie çon, son grand ami, dit qu'elle avait contre un poste ennemi, les gens de