ACTE PREMIER
très délicate et tous ses arômes ont besoin de se combiner tranquillement. — Celle que vous avez manijée aujourd'hui était-elle bonne?
HENRI
Un délice!
ANNETTE
Eh bien, faites comme il est dit et vous aurez le même agrément.
HENRI
Merci, Mademoiselle. Ma pauvre maman, qui ne sort guère et qui est un peu gourmande, vous sera extrêmement reconnaissante.
ANNETTE
A votre service. J'ai encore bien d'autres régalades de ma composition; si elles peuvent être agréables à madame votre mère, je lui en porterai moi-même les recettes, et j'en surveillerai l'exécution, la première fois, à moins que votre chef n'ait un trop mauvais caractère...
HENRI
C'est une cuisinière.
ANNETTE
Nous nous entendrons alors comme il convient entre femmes. Quand vous voudrez. Maintenant, Messieurs, il ne me reste plus qu'à vous faire ma plus belle révérence.
STANISLAS
Vous nous abandonnez?
ANNETTE
Il faut que j'aille voir si mon fils dort bien.
HENRI
Votre fils?
ANNETTE
Le jeune vicomte Gaston de Riverolles ayant été sevré, c'est moi qui, pour laisser reposer sa mère, m'exerce à la maternité, toujours dans le but de trouver un mari. Il couche, pour la première fois cette nuit, dans ma chambre.
UENIII.
Restez avec nous, Mademoiselle. A cette heure, monsieur le vicomte dort les poinjïs fermés, et, d'ailleurs, il a sa nourrice platonique, sa nourrice à rubans, pour le porter et le veiller.
ANNETTE
Naturellement. Mais la vérité. Messieurs, c'est que je ne suis venue que pour servir le thé. Le salon m'est interdit après.
STANISLAS
Parce que?...
ANNETTE
Parce qu'il paraît que vous dites des choses tellement inconvenantes, qu'une jeune fille ne doit pas les entendre.
HENRI
Nous ne dirons que les choses les plus convenables.
ANNETTE
Mais, c'est qu'il paraît aussi que quand vous n'êtes pas inconvenants, vous êtes ennuyeux.