ACTE PREMIER
auréat, les jeunes cancres qui n'ont, jusque-là, montré aucune disposition pour ce premier degré des licences dont le diplôme réjouit et flatte tant nos mères, que nous croyons devoir ordinairement en rester là toute notre vie...
THÉRÈSE
Ce qu'on appelle les boîles à bachot; mon fils commence à en parler.
STANISLAS
Eh l)ieii ! Rosalie Michon a quelque ressemblance avec les entrepreneurs de cette instruction superficielle et instantanée. Rosalie Michon est une personne qui a reçu de la nature ce don particulier de préparer au mariage les célibataires les plus endurcis. Elle dispose à la vie de famille. La maison est bien tenue; on y mange à des heures régulières et remarquablement. La mère surveille tout, et, le soir venu, elle fait des patiences, ou des layettes pour les crèches. Rosalie, avec cet air pudique qui a frappé madame de Riverolles, la première fois qu'elle l'a vue et qui ne la quitte jamais, Rosalie se livre au crochet ou à la tapisserie; sa petite sœur a une gouvernante et fait de la musique. A neuf heures elle embrasse tout le monde...
THÉRÈSE. ^
Rosalie ?
STANISLAS
Non ! la petite sœur.
THÉRÈSE
Déjà !
36 FUAKCILLON.
STANISLAS
Et elle va se coucher. Jamais un mot à double sens. Ce que nous disions tout à l'heure dans ce salon ne serait pas toléré chez ces dames. La Revue des Deux Mondes; la Revue bleue; le Journal des Débats... une atmosphère de bien-être, de décence, de travail, d'affection ! Quand on rentre chez soi, on sent le vide de sa vie, et on ne pense plus qu'à une chose : à se marier.
THÉRÈSE
Avec une autre?
STANISLAS
Bien entendu ! Quoique toute cette mise en scène doive cacher et entretenir l'espoir de faire un jour un mari pour elle-même avec quelque naïf.
LUCIEN
Tu dis plus vrai que tu ne penses.
Qu'esl-ce que tu sais?
LUCIEN, voyant entrer Carillac.
Silence !
HENRI, à Carillac.
Tiens, voilà Carillac!