‹ Francillon, pièce en trois actesChapitre 40 sur 97 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

AN NETTE

Alors je VOUS ennuie?

HENRI

Les tristesses d'une jeune fille, surtout quand elles n'ont pas d'autre cause que la bonté de leur cœur, sont charmantes, passent vite, et c'est un grand honneur d'en être le confident. Avant ce soir, vos pauvres sauront ce que vos tristesses leur rapportent. Permettez-moi d'ajouter mon offrande à

Il dépose son offrande sur la table.

Merci. Mais je n'ai pas que ces tristesses-là.

HENRI

Seulement, les autres, vous les gardez pour vous.

ANNETTE

Il ne faut pas ennuyer les gens.

HENRI

Dites-les moi.

ANNETTE

Me répondrez-vous sérieusement?

HENRI

Sérieusement.

ANNETTE

Quoi que je vous demande?

HENRI

Quoi que vous me demandiez.

ANNETTE

Votre parole ?

IIEMU.

Ma parole.

La vraie ?

La seule qu'on puisse donner à une personne comme vous.

AX NETTE

Eli bien ! je veuxvous demander trois choses.

HENRI

Voyons.

ANNETTE

La première : mon frère aime-t-il véritablement sa femme?

HENRI

Certes.

ANNETTE

Voilà déjà que vous me répondez comme vous répondriez à tout le monde.

HENRI

Eh bien ! il l'aime aulant ([u'il peut aimer; on ne peut pas demander plus.

ANNETTE

Soit. Secondement : est-ce de cette façon que tous les hommes aiment leurs femmes?

HENRI

Il y en a qui les aiment moins.

ANNETTE

Peut-il y en avoir qui les aimant plus ?

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