‹ Francisco de GoyaChapitre 4 sur 15 · AUS DEN ..DESASTRES DE LA GUERRA · texte numérisé non relu

AUS DEN ..DESASTRES DE LA GUERRA

la Cartuga Aula Dei, église d'une chartreuse située sur la rive gauche de l'Ebre à environ dix milles de Saragosse, un cycle de la Vie de Marie. C'est à Valérien de Logas que revient le grand mérite d'avoir retrouvé de nos jours ce travail depuis longtemps ignoré. Malheureusement, l'état déplorable dans lequel se trouvent ces peintures ne permet plus de se rendre compte de la valeur artistique véritable de l'œuvre, dans l'exécution de laquelle on ne peut plus distinguer que l'élève de Tiepolo.

L'année 1775 revoit Goya à Madrid. La vie de couvent semble en quelque sorte avoir marqué un tournant dans le cours de son exubérante jeunesse. Une preuve éclatante de ce changement de conduite nous est fournie par son mariage avec Josefa Bayeu, une sœur de ses trois camarades. Ce mariage peut se placer au commencement de 1775,

La beauté quelque peu virile de la femme semble avoir tout d'abord exercé la plus favorable influence sur son mari. Le „noceur*' disparaît pour faire place au travailleur qui s'adonne à son art avec un zèle auquel il n'avait pas habitué son entourage. Cependant, le bonheur conjugal n'a pas dû être de longue durée, ce qui ne saurait surprendre de la péirt de la nature inquiète d'un Goya. La vie commune pendant trente-sept années ne fut qu'une suite de contrariétés et l'animosité réciproque des deux époux entretenue par l'entêtement tenace des deux parties ne s'apaisait que quand l'un ou l'autre était tombé malade. La sœur des trois Académiciens n'était pas capable d'apprécier les audaces inconcevables d'un Goya et ne se gênait pas pour exprimer à haute et intelligible voix son mépris pour l'art de son mari. Cette situation si peu édifiante

s'envenima encore par le fait que des vingt enfants nés de cette union, il ne survécut qu'un fils. D'autre part, Goya avec ses continuelles aventures galantes, son extraordinaire insouciance en matière d'argent, sa nature pas précisément „pot-au-feu", n'était pas l'homme qui pût faire le bonheur d'une femme, quelque modestes que fussent ses prétentions, La tristesse de cette union ressort au plus haut point des relations de Goya avec Francisco Bayeu à qui son affection pour sa sœur inspira contre son compagnon d'études ime violente colère bien justifiée, dont il ne se gênait pas de lui faire durement sentir les effets.

C'est à Bayeu probablement qu'est dû le rapprochement entre Goya et Mengs, ce qui valut au jeune peintre quelques commandes de l'Etat. Que ces travaux portent la trace de l'influence de Mengs, il n'y a donc là rien qui doive nous surprendre. Au point de vue artistique, ils sont tout à fait insignifiants. Goya par la suite s'attacha à cette manière pour exécuter ainsi les commandes qui ne lui disaient pas, au nombre desquelles il faut compter la plus grande partie de ses tableaux religieux. Il était bien forcé d'accepter des ordres de ce genre ; mais comme pour les peintures d'église il existait une sorte de schéma pseudo-classique qu'à aucun prix on ne permettait d'éliminer, il ne restait à l'artiste amoureux avant tout de la nature que la ressource de couvrir sa toile de couleurs, sans plus de manières. C'est là, et non, comme on l'a essayé à plusieurs reprises, dans une irréligiosité qui n'existait pas, qu'il faut chercher le motif de l'infériorité des tableaux religieux de Goya. Car ce sont précisément ces sujets qui demandent à être traités avec un amour tout particulier; ces toiles doivent

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