‹ François BaconChapitre 10 sur 120 · I. — LES GRECS MÉDITATIFS · texte numérisé non relu

I. — LES GRECS MÉDITATIFS

ils sont Grecs et, comme tels, babillards, amis des paroles sonnantes et des disputes, frivo. les (1), mais leurs opinions sont encore pleines de vérité et de profondeur. Et si on demande à Bacon comment il se fait que cette sagesse des anciens philosophes ait passée inaperçue et ait eu si peu d'influence sur le développement ultérieur de rhumanité, il en donnera deux raisons qu'il répète à satiété. La première, c'est qu'Aristote, semblable aux princes ottomans qui égorgent leurs frères, a su par ses injustes critiques étouffer la renommée de tous ses prédécesseurs (2). La seconde, c'est que le cours du temps a laissé surnager les opinions frivoles, tandis que les autres ont disparu dans l'oubli comme ,des outres gonflées d'air flottent sur les

les mythes du paganisme. Mais il a fait preuve en cela de plus d'imagination que de science véritable. 11 a pris texte des fables antiques pour y retrouver enveloppées ses propres pensées. Peut-être n'a-t-il pas lui-même été dupe de son procédé. Quoi qu'il en soit, ces explications baconiennes des mythes païens nous renseignent bien plutôt sur les pensées propres de Bacon que sur celles des inventeurs de ces mythes.

(1) Ibid. p. 181.

(2) De Augm. 1. m, c. A, 1. 1, p. 563 — avec une note intéressante de l'éditeur. — De princip. atq. origin. t* m, p, 83, et passim»

48 I. — LA POLÉMIQUK

eaux, tandis que les matières précieuses et pesantes sont entraînées et disparaissent dans les profondeurs (1). Ainsi s'est perdue la sagesse primitive, étranglée par l'injustice d'Aristote, oubliée par la frivolité des hommes.

(1) N. 0, 1. I, 71, t. I, p. 185, etc.

Page 1