IV. — l'influence morale
me pour retrouver pur le christianisme primitif; Il fallait revenir aux formes cérémonielles, à la discipline extérieure des premiers siècles. Ces idées de la Réforme étaient au fond la négation de la légitimité du progrès. Car si Thumanité progresse, si la civilisation marche, tout doit s'adapter à cette mar*che progressive et la Religion elle-même doit changer, non sans doute ses dogmes et sa morale^ ce qui fait son essence intime et son principe de vie, mais ses formes extérieures, sa discipline et sa liturgie. Aussi les réformateurs se posent-ils à leur début non pas tant en novateurs qu'en réactionnaires. C'est au passé qu'ils veulent revenir et au passé le plus lointain.
A côté d'eux les humanistes veulent ramener le monde, par delà le christianisme même, à l'antiquité païenne.
Et d'autre part, la plupart des philosophes et des savants professent vis-à-vis de la science et de la philosophie du passé un attachement aveugle et sans examen que la grande scolastique n'a point connu: II semble que toute idée nouvelle soit une injure aux vieux maîtres de la pensée.
Mais à peu près dans le même temps l'Amérique"
388 III. — l'influence de bacon
est découverte, Magellan fait le tour.du inonde, Copernic montre que la terre est un satellite du soleil, Kepler découvre les. lois des révolujions planétaires, Galilée fonde la physique moderne et défenil bruyamment le système de Copernic.
Pendant que se font toutes ces découvertes qui bouleversent de fond en comble toutes les vieilles idées, et comme pour leur donner plus de force en mettant k leur service une force d'expansion extraordinaire, l'imprimerie était inventée. Chaque pas en a\anl des savants et des inventeurs était une négation du passé et le présage de nouvelles conquêtes pour l'avenir. Les savants étaient donc nécessairement des novateurs, ou, comme les appelle Bacon, des « novelisls'a. Aussi tous s'élèveot-ils contre l'École, contre la tradition et l'autorité. Ils demandent qu'on les débarrasse des entraves qui empêchent leur élan. Chez Léonard de Vinci, chez Galilée, chez Gilbert, nous trouvons ces idées maintenant familières, alors bien, hardies et grosses d'orages : l'antiquité en savait bien moins que nous, puisque nous avons hérité de ses connaissances et que nous y ajoutons en plus nos découvertes personnelles. Mais c'est Bacon qui a formulé avec le plus de précision et d'éloquence les idées chères aux « no- .