‹ François BaconChapitre 102 sur 120 · IV. — L'iNFLUENEC MORALE · texte numérisé non relu

IV. — L'iNFLUENEC MORALE

velists », c'est son génie littéraire qui a trouvé ces décisives formules : « Veritas filia tepiporis non auctoritatis . — Antiquitas seculi, juventus mundi ».

Boileau, chez, nous, fut le fidèle défenseur de rhumanisme , et professa que les formes littéraires inventées par les anciens demeureraient toujours les inimitables modèles proposés à Tadmiratîon des modernes. Il admettait cependant, ainsi qu'en témoigne VAfrêt burlesque-, la supériorité scientifique des modernes sur les anciens.-Charles Perrault, élargissant les cadres de la querelle, porta la question sur son véritable terrain. Il âiscuta le problème de l'existence et de la légitimité du progrès dans tous les domaines de la pensée.

Ce fut Pascal qui donna la formule de l'accord entre le progrès et la tradition. Il distingua deux sortes de sciences, les sciences d'autorité dont la théologie fait partie et qui doivent sei)orneFà conserver par le témoignage les vérités révélées, et les sciences de raisonnement et de faits.

Dans ces dernières, l'autorité n'a aucune valeur en elle-mên\e, le progrès y est peut-être lent mais continu. «Toute la suite des hommes doit être considérée comme un même homme qui subsiste

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toujours et qui apprend continuellement »(1). Ce sont les anciens qui furent vraiment jeunes et c'est nous, les derniers venus, qui sommes les vieillards. — Malebranche dit la même chose : a En matière de théologie on doit aimer l'antiquité parce qu'on doit aimer la vérité, et que la vérité se trouve dans l'antiquité ; il faut que toute curiosité cesse, lorsqu'on tient une fois la vérités Mais en matière de philosophie on doit au contraire aimer la nouveauté, par la même raison qu'il faut toujours aimer la vérité, qu'il faut ^a rechercher, et qu'il faut avoir sans cesse de la curiosité pour elle . . . Dans le temps où nous vivons, le monde est plus vieux de deux mille ans et il a plus d'expérience que dans le temps d'Aristote et de Platon . . . etles nouveaux philosophes peuvent savoir toutes les vérités que les anciens nous ont laissées, et en trouver encore plusieurs autres » (2).

Le XVIP siècle adopte en général ces formules de Pascal et de Malebranche. Cependant l'école cartésienne était opposée à toutes les scien-

(1) Fragment d'un traité du vide. — Pensées^ éd. Havet. ii, p. 271.

(2) Recherche de la vérité, l. ii, n« part. c. 5, ad fin. édit. Charpentier, t. i, p. 250.

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