‹ François BaconChapitre 106 sur 120 · IV. — l'influence morale · texte numérisé non relu

IV. — l'influence morale

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nous-mêmes, les philosophes du XVIII*^ siècle ont enlevé à la conscience la justification de sa liberté. Nul n'a de droits que par la loi civile, nul donc n'a le* droit de juger la loi, à plus forte raison de se révolter contre elle.

Toutes ces doctrines ont leur origine dans la façon dont Bacon envisage la morale, La métaphysique supprimée, la morale ne peut être qu'une physique des mœurs où chaque homme^ ne formant qu'une unité dans l'ensemble social,, peut et doit avec justice être sacrifié à cet ensemble. L'homme, dépossédé des principes universels et supérieurs de la raison métaphysique, n'a plus aucun titre qui lui permette de revendiquer le respect pour sa conscience individuelle. Elle n'est plus représentative du tout, elle n'a plus une valeur ïtbsolue, elle n'est plus qu'une unité dans un nombre, une partie dans un tout, et dés lors ne peut plus être considérée que comme un moyen au service des ûm sociales.

Tant il est vrai que pour avoir de, quoi assurer la liberté, il faut découvrir un roc solide et ferme où asseoir des principes immuables auxquels on se sent tenu de se conformer et d'obéir.

Bacon doit ainsi être regardé comme un des promoteurs de la morale empiriste. Du moment

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que la métaphysique n'est plus une science et ne peut plus fournir de principes solides et assurés, la morale doit rester sans fondement et se suffire à elle-même, comme Ta soutenu Kant, ou se tirer par induction des lois delà physique. C'est ce que Bacon lui-même a soutenu. S'il est inexact de dire qu'il a enseigné lui-même l'utilitarisme égoïste, et d'en faire un prédécesseur de Bentham, s'il est injuste de le rendre responsable des thèses violemment immorales, surtout en ce qui regarde les rapports sexuels, soutenues par la plupart des philosophes du XVIII» siècle, il n'est que juste de trouver dans sa morale le principe directeur delà morale du XVIII® siècle et, par elle, de la doctrine morale d'Aug. Comte. Toutes ces morales ont à leur base la négation delà métaphysique. Les commandements de la conscience ne s'appuient pas sur des lois universelles et divines, ils né sont que le sentiment intérieur de la bonté de notre nature; les espérances ou les craintes que l'homme peut concevoir sont des illusions et des chimères; le principe de son action ne remonte pas plus haut que lui, les conséquences de son acte peuvent sans doute s'étendre à d'autres qu'à lui, mais elles n'iront jamais plus loin que la société

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