‹ François BaconChapitre 23 sur 120 · III. — LES SOPHISTES. — ARISTOTE · texte numérisé non relu

III. — LES SOPHISTES. — ARISTOTE

die la cause de la forme dans les effets physiques, l'idée ou exemple, que les commentjateurs appelèrent plus tard la cause exemplaire (1) pour la distinguer de la forme dans l'effet. En soi d'ailleurs la forme est identique dans l'effet et dans la cause, c'est par elle que l'effet est relié à la cause, c'est elle qui constitue ce qui de la cause est passé à l'effet ; elle est comme le pont qui relie la Physique à la Métaphysique (2). . Mais, quoi qu'il en soit, Aristote réserve à la métaphysique l'étude des causes efficientes. C'est qu'au rebours de Bacon et, on peut le dire, de toute la philosophie nïoderne, Aristote a compris que la cause était en dehors et au dessus de la série des événements, transcendante et non immanente, immobile et non mobile, vraiment métaphysique et non physique. L'enchaînement des phénomènes du >l6c[aoç, le déterminisme de la nature constitue un ordre d'événements mobiles où les antécédents conditionnent les conséquents, mais ne les produisent pas. Les antécédents sont ainsi les conditions nécessaires des conséquents, mais ils n'en peu-

(1) s. Thomas.— Metaphys. 1. v, lect. 2.

(2) Phys. n, 3, p. 194, a, 26.

vent être appelés causes. La cause est en dehors et au dessus. Elle est rimmobile Pensée à laquelle est suspendu le ciel et toute la nature (1). Si donc la véritable science est la science des causes, la science aboutit à la contemplation de la cause immobile et première.

L'acte le plus élevé de Tintelligence sera donc l'immobile contemplation. Ainsi la science discursive est un milieu entre l'intuition sensible qui ne donne que le singulier et l'intuition rationnelle qui contemple l'universel. Aussi le point culminant de la philosophie d'Aristote estil la Métaphysique ; VOrganon pose les cadres de la science, la Physique et rHistoire naturelle les remplissent, la Métaphysique enfin donne les raisons dernières et de la Logique et de la Physiqucy les unifie dans une science supérieure. Bacon n'a point construit la métaphysique dont il a plusieurs fois parlé, elle était d'ailleurs à peu près inutile à son dessein, et nous verrons plus loin que ce qu'il appelait de ce nom n'était guère dans sa pensée qu'une physique et une morale générales.

Après ce rapide exposé, les attaques de Bacon

(1) Metaphys. 1. xii, 7. p. 1072, b.

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