‹ François BaconChapitre 25 sur 120 · III. — LES SOPHISTES. — ARISTOTE · texte numérisé non relu

III. — LES SOPHISTES. — ARISTOTE

vers le inonde, il ne se propose pas une fin sensible, mais ce dieu est une intelligence, puisqu'il est une Pensée. Or, une intelligence ne peut agir qu'avec intelligence, par suite avec ordre. Mais l'ordre suppose une considération d'ensemble des parties ordonnées, en sorte que celles qui apparaîtront en dernier lieu doivent être préparées par celles qui apparaissent en premier lieu, et celles qui apparaissent en premier doivent être proportionnées à celles qui apparaîtront en dernier. L'intelligence même indifférente au bien ne peut donc agir sans ordre, et dans tout ordre se trouve une finalité, une causalité de la fm, car, nous venons de le voir, la prévision des conséquents influe surladétermination des antécédents qui doivent les conditionner. Ces vues sont aujourd'hui communes, grâce àKant, mais il faut savoir gré à Joseph de Maistre de les avoir très bien exprimées dans la page la meilleure et la plussolidëde son Exame7i de la philosophie deBacon (1). Ainsi de cela seul qu'Aristote soumettait le monde aux lois de la pensée il devait s'ensuivre, non que la physique échappait aux lois de la finalité, ainsi que le pensait Bacon, mais au contraire qu'elle venait tout entière s'y soumettre.

(1) T. II. p. 257.

Où Bacon a pleinement raison, c'est quand il reproche à Aristote d'avoir fait entrer les lois de la nature dans les cadres de la logique. Ce point est incontestable, nous Tavons vu. Étant donné le but que se propose Aristote, il ne pouvait en être autrement. Bacon lui reproche en outre de n'avoir pas su se servir de l'eî^érience. Sans doute il a fait une histoire naturelle, et même il a parlé de l'induction, mais il avait d'avance tracé les cadres de la science et soumettait la nature à ses vues au lieu de soumettre ses vues à l'observation de la nature. — Sur ce ppint Aristote est bien vengé. On a pu contester beaucoup des résultats positifs de sa physique, mais on ne conteste plus le soin avec lequel il avait fait toutes ses observations, la valeur des documents de toute sorte qu'il avait assemblés. Bien plus, sa théorie générale de la formation des corps, les principes généraux de sa biologie sont ceux-là mêmes qui sont le plus d'accord avec les résultats de la science contemporaine (1). La grande doctrine de l'évo-

(1) V. G. PoucHET. — La biologie aristotélique —Bévue philosophique 1884, 1885. — Bien que les conclusions de M. Pouchet soient à peu près d'accord avec celles de Bacon, il ne sVn prend pas à l'observateur dans Aristote, qu'il admire au-

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