III. — LES SOPHISTES. — ARISTOTE
lution, ainsi que le remarquait naguère un maître (1), si en faveur parmi les naturalistes contemporains, trouve dans les théories d'Aristote sa justification théorique et ses indispensables compléments.
Aristote n'a cherché qu'à savoir et à se rendre compte ; son induction consiste à dégager la loi universelle contenue dans les expériences singulières et par conséquent s'attache aux ressemblances. Bacon voudrait (2) au contraire qu'on s'attachât à éliminer les différences, tout ce qui n'est pas cause. Ici encore Aristote et Bacon ont également raison, chacun à leur point de vue. Si en effet le but est de découvrir la cause véritable, il faut s'attacher à isoler cette cause et à la bien mettre en lumière, c'est le
tant qu*un autre, mais au finaliste. — Voir dans le sens opposé la très judicieuse étude de M. Barthélémy S. Hilaire sur la Physiologie d' Aristote. — ( Séances et travaux de V académie des sciences morales^ 1885 ). Tout récemment encore, dans une importante communication à TAcadémie des sciences morales, M. Barthélémy S. Hilaire vient d'établir qu*Aristote a pratiqué la méthode expérimentale et que cette méthode n*est point, comme on Ta trop répété, une invention de Bacon et des modernes.
(1) BoiTTROUX -- art. Aristote de la G«*« Encyclopédie.
(2) De Augm. 1. v, c. 2, t.i, p. 620.
point de vue d'Aristote ; si au contraire le but est de produire des effets, il faut surtout bien connaître ce qui contrarie et empêche leur production, par conséquent éliminer tout ce qui n'est pas cause, c'est le point de vue de
Mais, quel que soit celui des deux philosophes qui ait raison dans le fond, il n'en est pas moins injuste de dire qu'Aristote ne s'est pas servi de l'expérience et a voulu imposer à la nature lès rêveries de son propre esprit. Il est à peine besoin de faire remarquer en effet que, bien que tous les phénomènes de la nature doivent, selon Aristote, rentrer dans les cadres logiques tracés dans les Catégories^ l'histoire naturelle et les livres de physique ont précisément pour but de savoir dans quel cadre rentre tel ou tel phénomène et de quelle manière il y rentre. Ainsi tout être doit être essence ou accident, tout accident doit avoir une quantité, une situation, etc. — Voici une couleur, cette couleur est un accident, mais cet accident est-il rouge ou vert ou blanc? C'est la sensation seule qui peut le dire. De même la substance à laquelle l'accident est rapporté a des lois d'existence, mais quelles sont ces lois, c'est-à-