‹ François BaconChapitre 33 sur 120 · III. — LES SOPHISTES. LA SGOLASTIQUE lOi · texte numérisé non relu

III. — LES SOPHISTES. LA SGOLASTIQUE lOi

Au Xll^ sièple nous trouvons d'abord l'empereur Frédéric II qui écrit un traité De artevenandi cum avibus (1), où l'auteur révèle déjà « un véritable talent d'observation. Ce livre contient de curieux et nouveaux détails sur l'anatomie des oiseaux, ainsi que sur leurs mœurs et leur histoire », l'auteur constate et découvre pour la première fois la mobilité de la mandibule supérieure sur le crâne (2).

Les traités de fauconnerie et de vénerie qui se succèdent à partir du XIP siècle contiennent des détails intéressants sur l'histoire de certains animaux ; BufTon (3) et Cuvier lui-même (4> n'ont pas dédaigné de leur faire quelques emprunts. Les miniatures qui ornent ces ouvrages sont d'une rare perfection et témoignent de l'observation attentive de leurs auteurs. Ainsi il serait injuste de confondre tous les écrits du moyen-âge sur l'histoire naturelle avec les bestiaires où les auteurs décrivent la licorne, le griffon, l'hircocerf, la sirène, l'onocentaure, etc. Ces

(1) Édité en 1788 à Leipzig par Schneider.

(2) F. A. PoucHET. — //re des sciences naturelles au moyenâge. — In-8o Paris. J. B. Baillière, 1853, c. ii, p. 68.

(3) Histoire naturelley édit. de 1787, t. v, p. 185.

(4) Ossements fossiles, Paris, 1823, t. iv, p. 59.

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sortes d'ouvrages n'appartiennent d'ailleurs pas en propre au moyen-âge, et le docte Scaliger luimême, en pleine Renaissance, dans son Commentaire sur Vhistoire des animaux (TAristote (1), se montre encore la dupe de ces traditions.

D'après Bégin (2), c'est dans les abbayes que se formèrent les premières collections d'histoire naturelle. Après les croisades cette tendance à collectionner s'accrut encore. Ce sont donc ces siècles obscurs tant décriés par Bacon qui ont les premiers rassemblé ces specimhia naturse, qu'il réclame avec tant d'éloquence et de vivacité.

Mais, ainsi que l'a montré Pouchet, l'œuvre capitale du moyen-âge en histoire naturelle est le Traité des animaux (3) d'Albert le Grand, qu'il ne faut pas considérer comme un simple commentaire d'Aristote, mais qui a contribué dans une large mesure à faire progresser la science, tant parla nouveauté du plan, par l'originalité et la hardiesse de certaines théories que par les observations nouvelles qu'il contient.

Et d'abord le plan suivi par Albert le Grand

(1) L. II, p. 232, éd. Maussac.

(2) Sciences naturelles au moyen-âgey p. 111 .

(3) L'édition qui passe pour la plus ancienne est celle de Rome, in-f'î li78. — Optisde animalibus.

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