III. — LES SOPHISTES. LA SCOLASTIQUE
Arabes ; c'est leur discussion raisonnée où se décèle récrivain exercé en même temps que l'observateur attentif » (1). Albert le Grand explique aussi comme on le fait de nos jours, les sources thermales. « Il prétend qu'elles ne sont que le résultat de courants aqueux souterrains, qui, échauffés par l'action delà chaleur centrale du globe, viennent enfin s'épancher à la surface du sol » (2). C'est encore au XIII^ siècle que Brunetto Latini démontre la rondeur de la terre, que Marco Polo fait les nombreux voyages qui lui ont valu une réputation telle que l'estimable Malte-Brun n'hésite pas à l'appeler le Humboldt du XIII« siècle (3).
De même que les superstitions astrologiques ont eu d'heureux effets sur les observations, astronomiques, de même les rêveries des alchimistes sur lesquelles nous aurons d'ailleurs à revenir ont donne lieu à de nombreuses découvertes chimiques. C'est ainsi que l'art de la distillation doit être rapporté au moins au IIP siècle, où il est décrit par Zosime de Pauopolis
(1) Philosophie chimique. Paris, 1836, p. 22.
(2) PoucHET. Op. cit, p. 315,
(3) Géographie universelle. Paris, 1842, 1. 1, p. 241
dans son traité des Fourneaux (1). A la fin du VIII« siècle, Tarabe Geber découvre Tacide nitrique, Teau régale, la pierre infernale (nitrate d'argent) et le sublimé corrosif (perch)orure de mercure) (2)< Il semble que ce savant ait fait l'importante remarque que le poids des métaux augmente durant la calcination (3). Quelque temps plus tard, son compatriote Rharès enseigne la manière de faire Teau-de-vie par la fermentation et la distillation du blé, et découvre l'acide sulfurique (4). Artéfius dans son livre intitulé : Clavis majoHs sapientix enseigne la préparation du savon.
Albert le Grand au XIII<^ siècle décrit les propriétés du soufre et emploie le mot affinité dans le sens même où l'emploient les chimistes modernes. «Le soufre, dit-il, noircit l'argent et brûle les métaux à cause de l'affinité de sa nature, propter affinitatem naturœ metalla adurit » (5). Dans le livre intitulé : De esse et essèntia uni-
(1) HoEFER. f/r* de la chimie^ 2 vol. in-8, Paris, 1642, t. i, p. 252.
(2) HoEFER. ibid. p. 321.
(3) Gilbert. Dictionnaire de physique et de chimie. Paris, 1845, 1. 1, p. 125.
(4) HoEFER. Op. cit. t. I, p. 324.
(5) De reh. metallicis^ 1. v.