III. — LES SOPHISTES. LA SCOLASTIQUE
versaliiim attribué à saint Thomas d'Aquin, on trouve relatés les procédés qui servaient aux verriers du moyen-âge pour imiter sur leurs vitraux les couleurs des pierres précieuses, telles que le saphir, Témeraude, le rubis et la topaze. *
En physique, un arabe du XI« siècle, Alhazen a développé les lois de la réfraction de la lumière. « Il démontre que c'est à la réfraction de l'atmosphère que nous devons d'apercevoir les astres placés sous l'horizon avant leur lever ou après leur coucher, et que c'est en se décomposant dans les nuages que la lumière engendre les couleurs brillantes du matin ou du crépuscule D (1).
Le polonais Vitellion ou Vitellon résume dans son Optique tous les travaux des anciens et en particulier ceux d'Alhazen. II se borne si peu à répéter sans contrôle les chiffres donnés par ses prédécesseurs, que les mesures qu'il donne des angles de réfraction lorsque la lumière passe de l'air dans l'eau et de l'eau dans le verre sont plus exactes que celles de Ptolémée et d'Alhazen (2). Il compléta aussi la théorie de
(1) POUCHET. Op. cit. p. 191.
(2) PoGGENDORF. Histoirc de la physique. Trad. fr. in-S» Ducrod, 1823. p. 52.
la réflexion et de la réfraction en ce qu'il montra que dans les deux cas il se perd une partie de la lumière. Vitellon pratiquait l'expérimentation , puisqu'il reproduisit expérimentalement les couleurs de l'arc-en-ciel au moyen d'un verre rempli d'eau et placé au soleil (1). « Il est réellement étonnant, ajoute Poggendorf, que Vitellon soit arrivé si près de la véritable théorie sans l'atteindre. Il ne fait pas consister l'arc-enciel simplement en une réflexion, comme ses prédécesseurs; il fait intervenir encore la réfraction, p'arce que, comme il en fait très justement la remarque, des rayons solaires qui tombent sur un corps transparent, une partie doit le pénétrer et par conséquent une partie seulement doit être réfléchie. .. Quoique Vitellon soit resté ici à moitié chemin de la véritable explication, il n'est pas improbable qu'il a mis ses successeurs sur la vraie voie » (2).
Deux siècles plus tard, Roger Bacon développa ces théories dans une partie de VOpus majns qu'on a parfois éditée séparément sous le titre de Perspectiva, Il n'a sans doute con-
(1) Id. ibid.
(2 ID. ibid. p. 53.