‹ François BaconChapitre 40 sur 120 · IV. — LES SCIENCES INCOMPLÈTES · texte numérisé non relu

IV. — LES SCIENCES INCOMPLÈTES

cessifs dont il faut faire honneur à la sagacité personnelle des inventeurs bien plutôt qu'à la philosophie (1). Bacon voudrait au contraire que la connaissance des causes matérielles et productives fût assez avancée pour que, dès qu'un but se propose à Tindustrie humaine,, on puisse déduire de la connaissance des causes la construction mécanique susceptible de produire refîet désiré.

La connaissance des formes en Métaphysique doit aussi amener la production d'une science active , la Magie naturelle (2) . Il ne faut pas confondre cette science avec la Magie surnaturelle où des effets extraordinaires sont produits par des êtres surnaturels. Bacon ne croit pas à ces sortes de phénomènes, les traite de charlatanisme et les assimile à des superstitions de vieilles femmes (3). La véritable Magie peut parvenir à produire naturellement des phénomènes extraordinaires. Cette Magie naturelle existait du temps de Bacon mais elle n'avait rien du ca-

(1) De Augm. 1. m, c. 5, 1. 1, p. 572.

(2) Ibid, p. 571. - iV. 0. ii, 10, t. i, p. 235.

(3) De Augm. 1. m, c. 4, i, t. 560 — N. 0. i, 85; 1. 1, p. 193. — Cogit. et vis. t. m, p. 606.

ractère scientifique qu'il prétendait arriver à lui donner. Les livres de Magie naturelle ont abondé au XÏW^ siècle. C'est là qu'on voit comment d'un cheveu on peut faire venir un serpent ou encore par quel moyen le nom d'une personne peut se trouver répété sur tous les fruits d'un arbre ou sur tous les noyaux. Presque tous les auteurs s'appuient sur les sympathies et les antipathies naturelles ; c'est ainsi qu'ils ordonnent les poumons de renard contre la phtisie (1) et le satyrion pour exciter les désirs amoureux. Il est possible que quelques-unes des recettes formulées par les magiciens soient bonnes, mais elles ne produisent rien de durable et d'utile. Les magiciens cherchent le merveilleux plutôt que le solide, contents s'ils ont pu étonner le vulgaire. « Quand ils ont inventé quelque chose qui leur paraît au dessus de la nature, ils s'imaginent qu'une fois la brèche ouverte il leur sera aussi facile de faire de grandes choses que de petites et ne voient pas que la superstition magique con§iste précisément à croire que ce qui s'est fait une fois peut se reproduire toujours » (2). Une telle

(1) Redai^gut. philosoph. t. m, p. 576.

(2) Fil. lahyrint. t. m, p. 407. — Cogit. et vis,i. m, p. 592,

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