‹ François BaconChapitre 51 sur 120 · I. — LA CLASSIFICATION DES SCIENCES · texte numérisé non relu

I. — LA CLASSIFICATION DES SCIENCES

nement pour connaître Dieu et, comme dit saint Paul, découvrir les choses invisibles à Taide des choses visibles. Le rayon direct qui vient des choses à nous se réfracte dans notre esprit pour nous conduire à la connaissance de Dieu. Pour nous, nous n'avons qu'à nous étudier nous-mêmes par la réflexion. Il y a donc trois grandes divisions de la philosophie, la théologie naturelle, la cosmologie et l'anthropologie.

Mais avant dépasser à la division particulière de ces trois sciences. Bacon réclame la constitution d'une Sagesse ou Philosophie première qui dominerait également toutes les autres sciences et serait composée de deux parties : 1<^ la science des axiomes et 2® la science des conditions adventices des êtres.

Bacon a remarqué qu'il y a des principes qui sont également vrais dans plusieurs sciences. Ainsi : Les choses qui conviennent à une mê^ me troisième conviennent entre elleSy est une loi non seulement en mathématiques mais aussi en logique. La cor}^ption est plus contagieuse avant qu* après la maturité, est une loi de physique qui a aussi sa vérité en morale. On pourrait ainsi, selon Bacon, réunir un grand nombre de vérités communes à toutes les sciences et, em-

pruntant le nom qu'Aristote donnait aux principes communs (1), il appelle la collection de toutes ces vérités la science des axiomes (2). On peut eh effet découvrir les lois de chaque classe particulière de phénomènes, ces lois sont les principes ou axiomes des phénomènes ; mais ces lois elles-mêmes ont des lois qui leur sont communes, le mouvement inductif nous conduit donc à un second étage d'axiomes, puis à un troime et ainsi de suite jusqu'à ce que nous arrivions aux axiomes derniers, qui nous montreront l'unité de la nature (3). Ce sont ces axiomes derniers dont la collection constitue la première partie de la philosophie premièrç par laquelle Bacon remplace l'ancienne métaphysique.

Les axiomes expriment les lois sans lesquelles les êtres de toute nature ne peuvent exister, mais il y a aussi des conditions adventices des êtres, et la philosophie première ne doit pas les négliger. Ainsi la quantité, la contingence, l'impossibilité des êtres, l'existence même et la nonexistence peuvent être étudiées, donner naissan-

{\)An.post, 10, p. 76b U.

(2) De Augm. 1. m, c. i, 1. 1, p. 540-542.

(3) Part, instaurât. 7/»* Delin. et argum. t. m, p. 555.

Page 1