‹ François BaconChapitre 53 sur 120 · I. — LA GLASSIFICATLON DES SCIENCES · texte numérisé non relu

I. — LA GLASSIFICATLON DES SCIENCES

réaliste et ne veut se fier qu'à l'expérience et à l'induction.

La même tendance le guide dans la méthode qu'il veut suivre en théologie naturelle. Comme ici l'objet de son étude n'est connu qu'indirectement et par un rayon réfracté, on ne s'étonnera pas de voir Bacon restreindre la connaissance que nous pouvons avoir de Dieu à la démonstration de son existence, de ses attributs, de sa providence et de la loi naturelle (i). C'est, d'après Bacon, par l'étude de l'homme que nous pouvons arriver surtout à la connaissance de Dieu. Il semble ici être d'accord avec Descartes et Leibnitz quand ils disaient : « Les perfections de Dieu sont celles de nos âmes, mais elles sont en lui sans bornes ». Il ne faut pas cependant oublier que nous ne connaissons Dieu que par un rayon réfracté. Or, si, comme le dit ailleurs Bacon, nos perceptions ne sont que des relations à l'homme et non des relations à l'univers, si l'entendement humain, semblable à un miroir faux, déviant les rayons qui jaillissent des objets et mêlant sa propre nature à celle des choses, tord, pour ainsi dire, et défigure

(i) De Augm. 1. m, c. 2, t. 3, p. 545.

les images qu'il réfléchit (1), combien n'y a-t-il pas à craindre qu'il ne fasse subir des déviations encore plus fortes aux rayons qu'il réfracte ? Il ne faut donc pas s'étonner de trouver dans Bacon un certain nombre de propositions où il ne semble guère admettre que l'esprit humain soit capable d'atteindre à la connaissance de l'âme ou à la connaissance de Dieu (2).

En revanche, il approuve la constitution d'une pneumatologie, d'une science des anges et des démons qui lui paraît pouvoir être établie par deux moyens : i^ par l'attribution à ces natures supérieures, bonnes ou mauvaises, des qualités spirituelles que la réflexion nous découvre en nous ; 2» par le recueil des expériences auxquelles peuvent donner lieu leurs diverses manifestations (3). Bien que Bacon termine ce chapitre par une phrase où il traite de superstitieux et de vains la plupart des écrivains qui ont traité ces matières, il n'est guère permis de supposer, d'après ce chapitre, que Bacon ait mis en doute l'intervention des esprits, la possibilité de la sorcellerie et de la magie noire. Il a pensé sur ce

(2) De Augm. 1. iv, c. 3.

(3) Ibid. 1. III, c. 2.

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