‹ François BaconChapitre 55 sur 120 · I. — LA CLASSIFICATION DES SCIENCES · texte numérisé non relu

I. — LA CLASSIFICATION DES SCIENCES

d*en faire un appendice de la science de la nature. Elles sont utiles pour la science et le calcul ; à ce titre, elles sont de précieux auxiliaires pour toutes les autres sciences, mais Bacon ne sait voir en elles rien de plus et raille même les mathématiciens qui prétendent donner aux mathématiques Tempire sur la physique (1). En quoi Bacon montre bien, ainsi que nous aurons occasion de le montrer plus loin avec quelque détail, qu*il s'est fait une idée inexacte et des mathématiques, et de la physique.

Vient enfin la science de Thomme qui se subdivise en deux grandes sciences : la science de r homme en lui-même et la science de Thomme en société (2). Dans la première, Bacon distingue : i^ une science de Thomme en général où il fait entrer avec la science de Talliance de Tâme et du corps, la science de la physionomie et même celle de l'interprétation des songes ; 2<> une science du corps de l'hoinme où, à côté de la médecine, nous trouvons la cosmétique et une science voluptuaire qui contient la peinture, la sculpture et la musique (3) ; 3^ une science de

(1) De Augm. 1, m, c. 6, 1. 1, p. 577.

(2)/6td. l.iv,c. 1, ib.p. 579.

(3) Ibid. c. 2, ib. p. 586.

rame de Thomme qui comprend la science de ladivination et même de la fascination et un plan assez raisonnable de psychologie (1). Dans la science de l'âme se trouvent la logique et la morale. La logique contient quatre sortes d'arts : l'art d'inventer soit des choses, soit des arguments, l'art de juger par induction ou par syllogismes, l'art de retenir et enfin l'art de communiquer qui contient la grammaire, la littérature et la rhétorique (2). La morale détermine d'abord l'objet ou le bien que l'âme doit se proposer, ce bien peut être ou individuel ou social ; elle indique ensuite les moyens que l'âme doit employer pour atteindre le bien qu'elle s'est proposé (3).

La science de l'homme en société comprend la science de la conversation, la science des affaires et la science du gouvernement. Cette dernière renferme la science des agrandissements de territoire et la science de la justice universelle où se trouve contenu le droit.(4).

Ainsi s'étagent les sciences. A leur base la mé-

(1) De Augm. c. 3, ib. p. 60i.

(2) Ibid. \. V, et 1. VI, ib. p. 614, 712.

(3) Ibid. 1. VII, ib. p. 713.

(4) Ibid. 1. VIII, ib. p. 745.

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