I. — LA CLASSIFICATION DES SCIENCES
et ses idées sur la fin de la science. Or, cela admis, on n'aura que peu de reproches à lui faire, 11 n'est pas jusqu'à la place qu'il donne aux mathématiques et au rôle qu'il leur fait jouer qui ne puissent s'expliquer par ses fins utilitaires.
On peut se demander pourquoi Bacon place la sculpture, la peinture et la musique dans la voluptuaire. Ce ne peut être, sans doute, que par une raison analogue à celle qui fait que nous • appelons encore ces arts, des arts d'agrément. Bacon n'a pas vu le rôle que jouait l'imagination dans la constitution de ces arts et n'a pas compris la distinction essentielle qui sépare les arts industriels des beaux-arts. Mais si l'on voulait reprocher à Bacon d'avoir fait entrer dans sa classification des arts tels que la cosmétique, qui ne méritent que bien peu l'attention des philosophes. Bacon répondrait que ces arts servent à l'embellissement de la vie, qu'ils agrandissent ainsi l'empire de l'homme sur la nature, et que dès lors ils ont leur place justement marquée dans rénumération des moyens que possède l'homme de faire servir l'univers à son agrément et à son profit.
Il nous paraît donc que la classification de Bacon est à peu près ce qu'elle pouvait, ce
Bacon — il.
qu'elle devait être, étant données les opinions de ce philosophe sur le but et sur la méthode du savoir. Mais que cette méthode soit la meilleure, que ce but soit le véritable, c'est ce qui reste en suspens, et en même temps la valeur réelle de la classification des sciences telle que Bacon vient de nous la présenter.