IV. — l'œuvre scientifique de bacon
vée à peu près achevée dans ses papiers et que Rawley a publiée en 1658 (1); VInquisitio de Luce et Lumine publiée en 1653 par Gruter (2) et le Be fiiixu et refliixu maris (3) peuvent encore nous fournir quelques indications sur la mise en œuvre de la méthode. Nous ne saurions en dire autant de VInquisitio de niagnete (4) qui ne paraît être qu'une suite de notes extraites de Fouvrage de Gilbert. ,
Ce qui résulte de la lecture de ces divers opuscules, c'est que Bacon a suivi d'une manière bien vague les règles de méthode qu'il avait posées. Il rassemble d'abord des notes écrites, selon la rencontre de ses lectures, de ses réflexions, de ses expériences et de ses observations. Ainsi est formé le recueil intitulé Sylva sylvarum. Puis il extrait de ces notes celles qui peuvent servir de point de départ à une recherche particulière, il entremêle ces notes d'avertissements (^monita), de notes d'expériences à faire (mandata)^ de remarques {commentationes)^ il rapproche les phénomènes qu'il étudie d'autres
(1) T. II, p. 241, 307.
("2) Ibid. p. 313.
(4) T. II, p. 307.
phénomènes plus ou moins analogues (phœnomena obliqua) ^ il met à part les observations qui lui paraissent les plus importantes {ohservationés majores) ; il tire enfin de toutes ces observations des lois provisoires (nil adhuc pronunciamus) (1), qu'il nomme pour cela des règles mobiles {canones mobiles). Il dresse ensuite une table des inventions utiles à l'humanité qu'on doit pouvoir tirer de la recherche précédente ; cette table se nomme charta humana (2) et se divise en deux parties : les optatifs^'(o|9tatit;a), c'est-àdire les choses utiles dont on peut désirer l'invention, et ce qu'il appelle les proxima, c'est-à-dire les inventions mêmes qui peuvent satisfaire les désirs. Dans VHistoria Vitx et Mortis il fait constamment précéder les Observationes d'une Historia^ c'est-à-dire qu'il place d'abord les observations proprement dites (historia), puis il les fait suivre des expériences qu'il a faites à leur occasion. En résumé, dans toutes ces recherches, Bacon ne paraît pas dépasser l'expérience lettrée qu'il nous a décrite dans le De Augmentis comme devant servir de préface à la véritable mé-
(1) Hist. ventor. t. ir, p. 75.
(2) Ibid. p. 77.