IV. - - l'œuvre scientifique de bacon
thode. Il n'applique même pas les tables et le seul exemple qu'il nous ait laissé de leur usage se trouve, non dans ses ouvrages scientifiques, mais au livre II du Novum Orgayium (1).
Ainsi la méthode que Bacon a si magnifiquement prônée, il ne l'a pas appliquée, ce qui fournit une preuve de plus en faveur de l'opinion soutenue dans un précédent chapitre, que Bacon n'avait de cette méthode qu'une vague idée, qu'il la désirait et la cherchait plutôt qu'il ne la connaissait véritablement.
Voyons" maintenant à quels résultats positifs est arrivé Bacon et la place qu'il doit occuper parmi les savants, ses contemporains.
Bacon d'abord paraît ignorer à peu près complètement les mathématiques. Nous avons dit qu'il ne voit en elles que de simples auxiliaires de la physique à cause des facilités que procure le calcul pour la prévoyance et la détermination des résultats (2). Il s'élève contre les mathématiciens qui veulent régenter la physique et ils lui paraissent jouer un rôle dangereux et sophisti-
(1) Aph. II et suiv. sur la forme de la chaleur.
(2) De Augm. 1. m, 6, 1. 1, p. 577. Cf. N. 0. ii, 45, ad fin ib. p. 325.
Ih.
que (1). Gomme les métaphysiciens, les mathématiciens veulent soumettre les choses à Fesprit au lieu de ramener l'esprit à Técoledes choses. Leur tendance est donc sophistique et dangereuse. Ainsi Bacon au moment même où Descartes découvrait la méthode mathématique, n'a aucune idée du rôle que les mathématiques seront appelées à jouer dans la physique moderne. Il ne paraît connaître que les opérations arithmétiques, il ne semble pas qu'il se soit jamais rendu compte de la force démonstrative des théorèmes. Il n'en est du moins nulle part question. Il croit que depuis Euclide on n'a rien ajouté à la géométrie, il ignore les découvertes d'Archimède et d'Apollonius ; il ne parle nulle part de la découverte des logarithmes par son contemporain Napier. Il ne se fait aucune idée de la mécanique. Il ne voit dans la science qu'il appelle de ce nom que l'art de construire des machines, (machinaria) ou de produire des effets physiques {mecanica) (2).
La constitution intime des corps matériels
(1) De Augm. 1. m, 6, t. i,p. 577 — N. 0. i, 96 ; ifc. p. 201. (^) De Augm. 1. m, 4, t. i, p. 572; 1. m, 6, ib. p. 578, 1. VII, 2, ib. 726.