IV. — l'œuvre scientifique de bacon
peut rattacher Tun à l'autre les deux phénomènes. Il faudra le génie de Newton et la découverte de Tattraction universelle pour montrer comment les mirées dépendent des révolutions lunaires.
Nous avons déjà eu l'occasion de dire que Bacon est un partisan attardé de l'ancienne astronomie. Copernic et Galilée sont pour lui nonavenus. Il ne les a pas ignorés, il a raillé leur opinion (1), comme il raille celle de Kepler. Il croit que les astres décrivent dans les cieux non des orbites fermées, mais des spirales (2). Il veut enlever l'astronomie à la juridiction des mathématiques. Il ne paraît pas d'ailleurs connaître beaucoup l'astronomie même de Ptolémée. Les recherches astronomiques rentraient difficiler-^ ment dans le cadre de sa philosophie. Gomment vérifier expérimentalement les hypothèses diverses ? Et quel profit retirer de ces hypothèses pour la commodité des hommes? L'astrologie au contraire ou divination par les astres a un tout autre intérêt. En vertu même du déterminisme de la nature, Bacon, comme autrefois les
(1) Desct-ip. gh intellect, t. m, p. 74-0.
(2) De Augm. 1. m, c. 4, t. i, p. 552 ; 1. v, c. 4-, p. G4i.
stoïciens, croit à la divination. Tout événement est signe des autres événements et peut servir à les prédirCj pourvu qu'on ait bien observé les conjonctions des évènemenis en question, feacon se contente donc d'éliminer de l'astrologie les superstitions par trop grossières des astrologues de profession, mais il espère pouvoir prédire par les astres les comètes, les pluies, les gelées, les guerres, les séditions et en général tous les événements importants; Il croit même qu'on pourrait aller jusqu'à déterminer avec précision certains actes particuliers (1).
La confiance qu'il a en l'astrologie, ilTa bien plus encore en la médecine. La médecine a, selon lui, trois sortes d'objets: 1« la conservation de la santé; 2« la guérison des maladies; 3» la prolongation de la vie (2). Pour arriver à ces résultats la médecine doit étudier avec plus de soin l'anatomie et la structure du corps humain, et pour cela elle doit le comparer avec celui des autres animaux. Bacon a eu ainsi un des premiers l'idée de l'anatomie comparée. Le médecin devrait aussi tenir un registre exact de ses
(1) DeAugm. 1. m, c. 4, t. i, p. 554.
(2) De Auym. 1. iv, c. 2, t. i, p. 590.