IV. — l'œuvre scientifique de bacon
observations, des symptômes de la maladie, des médicaments employés et des résultats obtenus. On reconnaît le zélé partisan des observations écrites, (Je l'expérience lettrée. Il est vrai qu'il ne fait ici qu'exhorter les médecins à suivre les préceptes et les exemples d'Hippocrate.
On conserve la santé par des précautions hygiéniques et des exercices gymnastiques appropriés au tempérament de chacun. Il ne faut pas a -prioH regarder comme incurables les maladies réputées telles, et se décourager d'avance. Le médecin ne doit jamais abandonner son malade. Il peut toujours soulager ses maux et contribuer à lui adoucir la fin. Aucune maladie n'est incurable, il ne s'agit que de découvrir le remède.
Guidé par cette pensée Bacon a pu croire que, puisque toutes les maladies peuvent se guérir, la vie humaine peut, par le fait même, indéfiniment se prolonger. Non seulement il a consacré plusieurs pages du de Augmentis (l)à cette partie de la médecine, mais il a écrit un ouvrage entier sur ce sujet. VHistoria Vitœ et Mortis (2) ne fait
(1) L. IV, c. 2, p. 598, 601.
(2) T. II, p. 101-229.
d'ailleurs que développer les pages du de Augmeûtis. Le vivant, d'après Bacon, est un composé de matière et d'esprit, ou d'âme sensitive. dette âme sensitive est une raréfaction de la matière corporelle, nous l'avons vu. Ce sont les esprits animaux qui sont la cause de la vie; dès qu'un corps a une quantité d'esprits assez grande pour qu'ils puissent disposer les parties du €orps symétriquement sous forme d'organes, le vivant existe. La mort se produit quand les esprits animaux n'ont plus la force de soutenir l'organisme. Le problème de la prolongation de la vie se ramène donc à conserver les esprits animaux (1). Or, les esprits animaux s'évaporent par dessication, il faudra donc entretenir l'humidité de la peau par des bains fréquents et prolongés; on empêchera aussi leur évaporation •en bouchant les pores du corps par des enduits graisseux et aromatiques. On peut enfin réveiller les esprits animaux engourdis par des moyens •extérieurs et artificiels semblables à celui dont on se servit pour réchauffer la vieillesse de David (2). Avec l'aide de ces moyens, Bacon ne
(2) Ib. p. 201.