I. — DE VARIA VERULAMII FORTUNA
me, ne publie pas un ouvrage sans que son livre fasse un certain bruit. Tous les ouvrages de Bacon publiés pendant sa vie ou peu de temps après sa mort ont dû avoir un nombre assez congidérable de lecteurs. Cependant de tous les ouvrages de Bacon celui qui a été d'abord le plus recherché est le livre des Essays, Imprimé en 1597, Fauteur publiait la quatrième édition en 1623, tandis que de 1623 à 1645, le de Augmentis n'avait que trois éditions. Du de Augmentis les parties séparées que Tan édite de préférence sont les parties qui traitent de la justice et du droit. Quant au Noimm Organum^ publié en 1620^ il n'est réimprimé qu'en 1645. Des ouvrages philosophiques de Bacon, celui qui a eu le plus de succès est le de Sapientia veterum qui a eu trois éditions de 1609 à 1617, du vivant même de l'auteur. Les ouvrages purement scientifiques ont été bien moins répandus.
Ainsi ce qu'estimaient surtout dans Bacon ses contemporains, c'était YEssayist bien plus que le philosophe et le savant. Son ouvrage philosophique le plus important, le Novum Organum, est le moins lu de tous. Aussi voyons-nous cet ouvrage passer inaperçu même des logiciens.
Crakanthop publie en 1657 ses Logices Uhri
316 IIL — l'influence de bacon
quinque. « Quand on lit son maigre chapitre sur l'induction, dit Rémusat, on rie saurait soupçonner que depuis trente sept ans un Novum Organum avait paru (1)... Milton dans sa Logique (1672) ne nomme pas Bacon une seule fois. Ce hardi révolutionnaire semble ignorer qu'une révolution dans l'esprit humain a commencé avant lui » (2).
Hobbes, qui fut le secrétaire de Bacon et travailla par son ordre à mettre en latin le de Augmentis, a dû sans doute subir son influence, mais Locke le cite à peine une fois et encore à titre d'historien. Si Boyle, dans ses ouvrages et dans la fondation de la Société Royale de Londres (3) se réclame de lui, si Hooke le cite assez
(1) Histoire de la philosophie anglaise, de Bacon à Locke j 1. I, c. 4 — 2 vol. in-8o, Paris 1875 — t. i. p. 183.
(2) Ibid. p. 196.
(3) Quelques écrivains, entre autres M. Adam ( Philosophie de François Bacon, in-8o Paris, 1890, p. 327-344) ont semblé vouloir faire honneur à Bacon et à sa Nouvelle Atlantide de la fondation des diverses académies scientifiques européennes. On peut voir dans Poggendorf ( Histoire de la Physique, tr. fr. p. 212 et suiv. ) que les académies étaient déjà nombreuses du temps de Bacon. Telesio en avait fondé une vers le milieu du XVI» siècle. L'Académie Del Lincei est de 1603 et TAcadémie del Cimento (1657) ne doit rien à Bacon. La Société royale de Londres a emprunté la plupart de ses règles de